Plus de 100 migrants, secourus par l'Open Arms, attendent de pouvoir débarquer en Europe. Crédit : Open Arms
Plus de 100 migrants, secourus par l'Open Arms, attendent de pouvoir débarquer en Europe. Crédit : Open Arms

Malte et l'Italie refuse toujours au navire humanitaire Open Arms de débarquer sur leur sol les 121 migrants secourus la semaine dernière au large de la Libye. Après une semaine d'errance en mer Méditerranée, le fondateur de l'ONG demande désormais à la France, l'Allemagne et l'Espagne de trouver un solution européenne.

Il se trouve à quelques kilomètres de Malte et de l’île italienne de Lampedusa mais n’est pas autorisé à accoster dans un port italien ou maltais. L’Open Arms, qui a secouru 121 migrants à bord au large de la Libye la semaine dernière, erre ainsi en Méditerranée depuis une semaine.

"Malte a nié le droit au débarquement et l’Italie ne répond pas", a écrit l’ONG espagnole Proactiva sur Twitter. "Nous ne nous reconnaissons pas dans cette Europe, dans ses États lâches, dans sa politique vide. La lutte pour leurs droits est également la lutte pour les nôtres. Aidez-nous".

"Les eaux territoriales italiennes sont fermées"

L’Italie a de son côté répondu par la voix de son ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, qui a interdit l’entrée du navire dans les eaux territoriales italiennes et menacé dans le cas contraire de saisir le bateau.

"L’Open Arms est depuis six jours en Méditerranée, et maintenant il menace d’entrer en Italie. Il aurait eu tout le temps de rejoindre l’Espagne", a déclaré mercredi 7 août sur Twitter le chef du parti d‘extrême-droite, la Ligue.

"Que L’Open Arms ne l’oublie pas, les eaux territoriales italiennes sont fermées pour lui et nous sommes prêts à confisquer le navire", a ajouté l’homme fort du gouvernement italien.

Le Parlement italien a adopté lundi 5 août une nouvelle loi sur la "sécurité", prévoyant des amendes pouvant aller jusqu’à un million d’euros pour le commandant ou l’armateur des navires d’ONG qui violeraient l’interdiction d’entrée dans les eaux italiennes, ainsi que la saisie du navire.

Appel lancé à la France, l’Allemagne et l’Espagne

Face au refus de l’Italie et de Malte, le fondateur de l’ONG, Oscar Camps, a appelé la France, l’Espagne et l’Allemagne à trouver une solution pour le débarquement des 121 naufragés. L’ONG souhaite ainsi un accord de répartition entre différents États européens et espère que son navire, qui bat pavillon espagnol, trouvera un soutien du côté de l'Espagne, surtout. 

Mais la vice-présidente espagnole pas intérim, Carmen Calvo, a déclaré mercredi 7 août dans la presse que Madrid n'avait pas à être leader sur ce dossier. L'Espagne n'a pour l'heure effectué aucune démarche auprès de l’Union européenne pour faire pression et tenter de trouver un accord de répartition. "Nous n’avons pas à le faire", a assuré Carmen Calvo.

L’Open Arms est également interdit d’accoster en Espagne, sous peine d’une amende, pour infractions "à la sécurité maritime ou à la gestion du trafic maritime", pouvant aller jusqu’à 900 000 euros.

Le navire, bloqué tout l’hiver au port de Barcelone, a été autorisé par les autorités à reprendre la mer en avril pour porter du matériel humanitaire en Grèce, mais à la condition de ne pas se rendre dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) au large de la Libye.

 

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