Couverture du rapport d'Amnesty international sur les violences policière à la frontière entre la Croatie et la Bosnie. Crédit : Amnesty
Couverture du rapport d'Amnesty international sur les violences policière à la frontière entre la Croatie et la Bosnie. Crédit : Amnesty

Dans le canton de Bihac, situé à la frontière entre la Bosnie et la Croatie, 18 migrants ont été interceptés par la police bosnienne, mercredi 7 août. Si plusieurs d'entre eux présenteraient des blessures, notamment des fractures osseuses, les autorités croates démentent ce constat et affirment que les garde-frontières n'ont pas fait usage de la force pour les empêcher de traverser la frontière.

Alors que Frontex, l'agence chargée des frontières extérieures de l'Union européenne, est accusée par des médias européens d'avoir toléré des actes de maltraitances des garde-frontières hongrois, grecs et bulgares sur des migrants, plusieurs migrants ont été retrouvés blessés à la frontière entre la Bosnie et la Croatie, sur le territoire bosnien.

Difficile de savoir le chiffre exact de blessés. Selon les médias locaux, citant une porte-parole du dispensaire médical à Velika Kladusa, dans l'ouest de la Bosnie, 18 personnes présentent des blessures. Parmi elles, six ont dû être transférées dans un hôpital. Contactée par InfoMigrants, une source de l'ONU, qui s'appuie sur les données de la police bosnienne, confirme elle aussi que six personnes ont été hospitalisées.

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Les migrants ont déclaré aux Bosniens que les Croates étaient responsables de l'incident. Ils ont précisé que "les blessures avaient été commises pendant que les policiers croates les repoussaient" alors qu'ils s'approchaient de la frontière.

Le représentant de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Bosnie-Herzégovine, Peter Van der Auweraert, a, de son côté, affirmé que six migrants, sains et saufs, ont été ramenés mercredi 7 août au centre d'accueil de l'OIM du "Miral" situé à Velika Kledusha. D'après lui, aucun d'entre eux n'était "blessé".

"Les policiers n'ont pas usé de la force à cette occasion", se défend la Croatie

D'après le ministère croate de l'Intérieur, les 18 migrants blessés avaient tenté de "franchir illégalement la frontière". Zagreb précise que ces migrants ont été repérés par des policiers croates qui les ont empêchés de rentrer sur leur territoire.

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Les autorités croates se défendent de toute violence. "Selon les informations réunies, les policiers n'ont pas usé de la force à cette occasion, les personnes n'avaient pas de blessures visibles et aucune n'a demandé une assistance médicale", expliquent-elles.

Le ministère de l'Intérieur croate va cependant "examiner en détails les affirmations sur les blessures et l'authenticité de celles sur l'utilisation de la force" par les policiers. La porte-parole de la police locale, Ale Siljdedic, a, quant à elle, "confirmé qu'un incident s'est produit" mais a assuré ne pas savoir "quel est le nombre de migrants impliqués dans cet incident ni sa nature", ajoutant que "le dossier est entre les mains de la police des frontières."

Une route migratoire très empruntée en Europe

Dans ce canton de Bihac, situé près de la frontière croate, la police bosnienne dénombre près de 5 000 migrants. Parmi eux, environ 3 500 sont hébergés dans des centres d'accueil. Le reste de ces migrants résident dans des logements privés.

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Venus d'Asie, du Proche-orient et d'Afrique du nord, ils sont 25 000 migrants en 2018 à avoir tenté d’entrer en Croatie, membre de l'Union européenne, via la Bosnie. Si beaucoup d’entre eux sont parvenus à leurs fins, plusieurs milliers ont été interceptés par la police aux frontières croate et refoulés vers des centres d'accueil en Bosnie voisine.

Cette année, le nombre d’entrées illégales en Bosnie est reparti à la hausse : 700 arrivées de migrants au mois de janvier, 900 en février, et 341 lors de la première semaine de mars, selon le Service des étrangers du pays. Des chiffres supérieurs à ceux de la même période l’année précédente.

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Mais comme l'explique Peter Van der Auweraert, de nombreux migrants accusent régulièrement les garde-frontières croates de violences à leur égard : "On entend souvent que des migrants se seraient fait arrêtés, volés et tapés par la police croate. Mais, c'est très difficile à vérifier car tout se passe la nuit. Il y a aussi des migrants qui se disputent entre eux".

 

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