Les 36 migrants retenus depuis samedi 3 août à la frontière tuniso-libyenne ont pu regagner la Tunisie. Crédit : FTDES
Les 36 migrants retenus depuis samedi 3 août à la frontière tuniso-libyenne ont pu regagner la Tunisie. Crédit : FTDES

Les 36 migrants ivoiriens abandonnés depuis cinq jours dans le désert, à la frontière tuniso-libyenne, ont finalement pu être secourus après de longues négociations entre l’ambassade ivoirienne, l’OIM et les autorités tunisiennes. Ils ont été pris en charge dans un centre de l’agence onusienne jeudi soir mais leur avenir reste flou.

C’est la fin du calvaire pour les 36 migrants ivoiriens retenus depuis samedi 3 août à la frontière entre la Tunisie et la Libye. Parmi eux se trouvaient plusieurs femmes et quatre enfants.

Selon leurs témoignages recueillis par le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), ils ont été arrêtés samedi dans leur appartement de la ville côtière de Sfax et envoyés dans le désert tunisien, dans une zone militarisée.

Ce n’est finalement que dans la soirée du jeudi 8 août que les migrants ont pu être secourus, après de longues négociations entre l’Organisation internationale des migrations (OIM), l’ambassade ivoirienne et les autorités tunisiennes.

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"Les 36 migrants ont été transférés dans un centre de l’OIM en Tunisie", précise à InfoMigrants Paola Pace, chef de projet à l'OIM Tunisie, qui ne veut pas donner plus de précisions sur leur localisation pour "des raisons de sécurité".

Selon l’agence onusienne, les migrants étaient très éprouvés et fatigués. Ils n’ont pas eu accès à de l’eau et de la nourriture pendant deux jours. "Nous sommes en train de vérifier leur état de santé", signale Paola Pace qui ajoute que la femme enceinte "va relativement bien".

"Personne ne doit être laissé en détresse dans le désert"

Tunis avait affirmé que ces personnes avaient tenté d’entrer illégalement dans le pays depuis la Libye. Des allégations fausses, selon l’association FTDES. L’OIM précise également qu’aucun ressortissant soudanais ne faisait partie du groupe, contrairement aux informations données par les autorités tunisiennes.

"Peu importe la manière dont ils se sont retrouvés là. Personne ne doit être laissé en détresse dans le désert", insiste Paola Pace. "La Libye est en guerre, on ne peut pas renvoyer des gens dans ce pays".

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Reste à savoir ce que vont devenir ces Ivoiriens. L’OIM assure que des "solutions adaptées à chaque personne" allaient être trouvées mais l’agence reste floue sur la suite des événements.

Selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) en Tunisie, contacté par InfoMigrants, aucun Ivoirien du groupe n’est un demandeur d’asile. Néanmoins, "s’ils expriment leur souhait de déposer une demande d’asile, nous interviendrons", prévient le HCR.

Renvoyés en Côte d’Ivoire ?

Le FTDES pense qu’un accord a été trouvé entre les autorités et les migrants. "Les autorités les ont probablement autorisés à entrer en Tunisie à condition qu’ils s’engagent à quitter le territoire", déclare à InfoMigrants Romdhane Ben Amor, de l’association. "Il s’était passé la même chose avec l’histoire du Maridive". En juin dernier, les autorités tunisiennes avaient laissé 75 migrants secourus par le navire Maridive débarquer au port de Zarzis. Les migrants avaient dû accepter préalablement de rentrer dans leur pays.

"Dans le cas du Maridive, les migrants avaient subi une forte pression psychologique afin qu’ils acceptent les termes de l’accord", déplore Romdhane Ben Amor. "On refuse que ce genre de pratique ne se répète."

 

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