Image d'archive de migrants sur un navire des garde-côtes libyens. Crédit : Reuters
Image d'archive de migrants sur un navire des garde-côtes libyens. Crédit : Reuters

La marine libyenne a accusé vendredi 9 août les autorités de défaillance dans sa prise en charge des migrants interceptés en mer et envoyés dans des centres de détention libyens. Les rescapés attendent parfois plusieurs jours sur des quais, dormant à même le sol et sans abri, que les autorités viennent les chercher, dénonce le général Ayoub Kacem, porte-parole de la marine.

Des voix s’élèvent en Libye pour dénoncer la gestion des migrants interceptés en mer Méditerranée et enfermés dans des centres de détention.

La marine libyenne a en effet accusé vendredi 9 août Tripoli de défaillance dans sa prise en charge des naufragés, affirmant qu’elle pourrait les laisser libres une fois ramenés sur terre ferme.

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Les migrants interceptés en mer par les garde-côtes libyens sont dans un premier temps accueillis par les ONG qui leur apportent soins et nourriture. Ils sont ensuite pris en charge par des agents de l’Organe chargé de la lutte anti-immigration du ministère de l’Intérieur du gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU.

Ceux-ci les placent dans des centres de détention, sans liberté de mouvement. Ces lieux sont régulièrement décrits par les ONG comme des zones de non-droit, où vivent plus de 5 000 personnes, selon les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM).

La marine, qui ne peut exercer son autorité en dehors des ports, est tenue de garder sous son contrôle les rescapés avant de les remettre aux autorités du ministère de l’Intérieur.

Mais les migrants attendent parfois plusieurs jours sur des quais, dormant à même le sol et sans abri, que les autorités viennent les chercher, a dénoncé dans un communiqué le général Ayoub Kacem, porte-parole de la marine.

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"Nous sommes conscients (…) des difficultés et des défis auxquels l’Organe de lutte contre la migration clandestine est confronté, mais nous craignons qu’à l’avenir, nous ne soyons obligés de relâcher les migrants après leur sauvetage", a averti Ayoub Kacem.

Il donne ainsi l’exemple de 45 personnes, dont huit femmes et deux enfants, interceptées mercredi et qui ont attendu environ 24 heures avant d’être finalement conduits par les autorités au centre de détention de Janzour, dans la banlieue est de Tripoli.

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"Les nombreux appels à l’Organe de lutte contre l’immigration clandestine, pour qu’il les accueille comme il se doit, sont restés sans réponse", a déploré le général.

Depuis la chute du dictateur Mouammar Khadafi en 2011, la Libye est plongée dans le chaos, avec une multitude de groupes armés et des forces politiques rivales.

Le pays reste néanmoins un important point de transit pour les migrants désireux de rejoindre l’Europe.

 

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