Crédit : InfoMigrants
Crédit : InfoMigrants

Alors que le changement du fonctionnement de la carte ADA suscite questions et inquiétudes, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a annoncé qu'il était finalement possible pour les demandeurs d'asile de retirer de l'argent liquide avec cette carte. Pour ce faire, il faut passer par un système encore peu connu en France, celui du cashback. InfoMigrants fait le point.

Suite à l'annonce du nouveau fonctionnement de la carte ADA, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a indiqué, dans un post Facebook, que "pour obtenir de l’argent liquide, il suffira de se rendre dans un magasin offrant le cashback".

La carte de retrait de l'ADA ne permettra plus, à partir du 5 novembre, de retirer de l'argent liquide. Elle servira exclusivement de carte de paiement. 

Mais qu'est-ce que le cashback ? Il s'agit d'un système de paiement qui permet de retirer de l'argent lors d'un achat par carte bancaire dans des commerces. "Par exemple, si vous avez dix euros de courses alimentaires à payer au moment d'aller à la caisse, vous signalez que vous souhaitez payer vingt euros en carte bancaire et que l'on vous rende dix euros en argent liquide", illustre Didier Leschi, directeur général de l'Ofii. 

Les commerces ne sont toutefois pas autorisés à rendre la différence par chèque.

60 euros maximum

Pour pouvoir bénéficier d'un tel service, il faut, selon le décret du 24 décembre 2018, payer au minimum un euro en carte bancaire et le commerçant peut, au maximum, donner soixante euros en liquide au client.

Les magasins sont aussi dans l'obligation d'afficher, près des terminaux de paiement ou des caisses, plusieurs informations comme le montant minimum que le client peut payer en carte pour bénéficier d'argent liquide ou encore la gratuité ou non de ce service.

Le groupe de distribution Casino a été le premier, en septembre 2018, à rendre ce service disponible à ses clients. En France, tous les Géant Casino le proposent en France, soit plus de 200 hypermarchés. C'est aussi le cas de 120 supermarchés Casino, sur un total de près de 300 magasins (les grandes surfaces Géant et Casino acceptent par ailleurs les paiements par cartes ADA). Mais tous les magasins du groupe ne pratiquent pas le cashback : c'est notamment le cas de Franprix, Monoprix et Leader Price.

Le cashback autorisé depuis un an en France

Si le paiement par cashback est répandu dans plusieurs pays européens, tels que l'Allemagne, l'Espagne ou le Royaume-Uni, il n'est pas encore développé à grande échelle en France. En effet, ce système n'est autorisé que depuis un an par la loi française. 

"Tous les magasins peuvent le proposer. Dans certaines régions de France où l'accès aux distributeurs de billets est difficile, des petits commerces le mettent déjà en place, détaille Didier Leschi. Ce n'est pas encore très pratiqué mais le cashback se développe progressivement."

Malgré l’existence du cashback, les associations d’aide aux migrants restent très en colère contre la nouvelle carte de paiement ADA. "C'est une réforme qui a pour objectif de pourrir la vie des gens", déplore Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (Fnars), dénonçant une "entrave à la libre disposition de l'allocation".

Pour les ONG, cette réforme risque de priver les demandeurs d’asile de liquidités pour "les actes de la vie quotidienne", comme l'achat d'une baguette en boulangerie ou l'accès aux laveries – des lieux ou le cashback n’existe pas.


 

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