Des bouchons transpercés par des clous ont été retrouvés, vendredi 9 août,  devant le hangar de plusieurs associations d'aide aux exilés, à Calais. Crédit : Alexandra Limousin - L'Auberge des migrants
Des bouchons transpercés par des clous ont été retrouvés, vendredi 9 août, devant le hangar de plusieurs associations d'aide aux exilés, à Calais. Crédit : Alexandra Limousin - L'Auberge des migrants

Des bénévoles de l'Auberge des migrants, association d'aide aux exilés dans les Hauts-de-France, ont découvert, vendredi 9 août, des bouchons transpercés par des clous devant leur entrepôt, à Calais. Pour l'association, cette méthode s'inscrit dans une stratégie d'intimidation plus globale.

C'est avec étonnement que les bénévoles de l'Auberge des migrants ont découvert vendredi 9 août, des bouchons transpercés par des clous devant les portes de l'entrepôt qu'ils partagent avec d'autres associations, à Calais

Le jour même, l'Auberge des migrants a publié un tweet, accompagné de photos : "Ce matin, petites surprises de chaque côté du portail de l'entrepôt, en partant en distribution."

Huit associations dont l'Auberge des migrants, Utopia 56 ou encore Refugee Community Kitchen, travaillent dans cet hangar. À l'intérieur, bénévoles et salariés trient les vêtements récupérés pour les migrants, préparent des repas ou font des lessives. 

"Crever les pneus des véhicules"

Chaque jour, les vans des associations partent du hangar pour assurer les distributions de repas, surveiller la présence policière autour des camps ou encore transporter les migrants à l'hôpital. Au total, l'entrepôt abrite une dizaine de véhicules. 

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D'après François Guennoc, vice-président de l'Auberge des migrants, ces bouchons étaient destinés à "crever les pneus des véhicules". "C'est l'une des formes de pression que nous recevons de la part des personnes qui nous sont hostiles", commente-il. Selon lui, cette tentative d'intimidation s'ajoute aux "menaces par téléphone" et aux "insultes et doigts d'honneur venant de personnes qui passent devant l'entrepôt."

Quant à Alexandra Limousin, salariée en charge de la gestion administrative de l'Auberge des migrants, elle se dit "à peine surprise" de cette découverte :  "Au moment des distributions, certaines personnes passent devant l'entrepôt pour regarder ce que l'on fait. Peut-être que ce sont eux qui ont déposé les bouchons. On ne peut pas le savoir. On peut simplement supposer que les auteurs de cet acte sont en désaccord avec notre engagement."

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Malgré cet acte d'intimidation, François Guennoc n'est pas inquiet. "Pour le moment, il n'y a rien eu de grave mais nous sommes vigilants. Les bénévoles ont repéré très vite ces instruments", explique-t-il, assurant que ses équipes sont formées à la gestion de ces pratiques.

Impossible de porter plainte

Pour empêcher d'autres actions de ce type, l'Auberge des migrants a rapporté les faits à la police. "Nous avons voulu porter plainte mais la police nous a dit que ce n'était pas possible. Puisqu'il n'y a pas eu de dégâts, nous pouvions seulement déposer une main courante", détaille Alexandra Limousin. 

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Depuis 2016, année du démantèlement de la jungle de Calais, immense camp du nord de la France, L'Auberge des migrants assure que les menaces et les provocations sont moins fréquentes. Si elles subsistent, elles n'inquiètent pas pour autant les responsables associatifs. 

 

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