Des gendarmes marocains poursuivent une embarcation de migrants à bord de deux barques de pêcheurs. Crédit : AMDH
Des gendarmes marocains poursuivent une embarcation de migrants à bord de deux barques de pêcheurs. Crédit : AMDH

Près de 80 migrants qui tentaient de rejoindre l’Espagne depuis les côtes marocaines ont été interpellés samedi par les autorités. Ces dernières étaient à bord de deux barques de pêcheurs, et non de vedettes officielles normalement utilisées pour ce genre d’opérations. "Pourquoi ne pas avoir appelé la marine royale ?", s’interroge l’Association marocaine des droits de l’Homme.

Des barques de pêcheurs pour arrêter les migrants en mer Méditerranée. C’est de cette manière que les autorités marocaines ont intercepté une embarcation de migrants qui tentait de rejoindre les côtes européennes.

Samedi 10 août, près de 80 personnes originaires d’Afrique subsaharienne, dont 13 femmes, montent à bord d’un canot depuis la plage de Tazaghine, à l’ouest de Nador (nord-est du Maroc). Après avoir parcouru quelques centaines de mètres en mer, l’embarcation est stoppée par les autorités.

"Gendarmes de l’Europe"

"À notre connaissance, c’est la première fois que des gendarmes poursuivent des migrants en mer à l’aide de barques traditionnelles", déclare à InfoMigrants, Omar Naji, président de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) à Nador, qui a révélé l’information.

"Pourquoi ne pas avoir appelé la marine royale ?", s’interroge-t-il. L’AMDH ne sait pas si les barques ont été saisies "de force" par les autorités ou si les pêcheurs "ont aidé [les forces de l’ordre] à accomplir ces arrestations en mer".

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Les migrants interpellés ont ensuite été conduits dans le centre de rétention de Dar El Kebdani, à quelques kilomètres de Tazaghine.

"Les autorités sont prêtes à tout pour arrêter les migrants. Tous les moyens sont bons pour faire le travail de gendarme de l’Europe", grince Omar Naji.

Pour contenir les flux migratoires clandestins et aider à démanteler les réseaux de passeurs au Maroc, l’Union européenne a alloué l’an dernier 140 millions d’euros au royaume chérifien.

 

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