Une dizaine de personnes parties de Zarzis ont été secourus dimanche 11 août par la garde maritime de la ville côtière tunisienne. Crédit : page Facebook SNFSI
Une dizaine de personnes parties de Zarzis ont été secourus dimanche 11 août par la garde maritime de la ville côtière tunisienne. Crédit : page Facebook SNFSI

Les jeunes Tunisiens sont de plus en plus nombreux à tenter de rejoindre l'Europe via l'île italienne de Lampedusa. Profitant des congés de la fête de l’Aïd el-Kebir, qui a débuté dimanche soir, six bateaux ont quitté la Tunisie. Trois sont arrivés à Lampedusa, l’un a été intercepté par les garde-côtes tunisiens et deux autres sont toujours portés disparus.

Six embarcations sont parties de Tunisie dans la nuit de dimanche 11 à lundi 12 août pour tenter de rejoindre l’île italienne de Lampedusa. Cette nuit-là n’avait pas été choisie par hasard. Les migrants ont profité de l’Aïd el-Kebir, l'une des fêtes religieuses les plus importantes pour les musulmans, pour tenter la traversée et échapper, selon eux, à la surveillance des garde-côtes moins mobilisés ce soir-là. 

Pourtant, contrairement à cette idée reçue, les forces tunisiennes n'ont pas relâché leur vigilance pendant la fête de l'Aïd. C'est du moins ce qu'a affirmé le porte-parole de la Garde nationale tunisienne, le brigadier Hossam al-Jabbali, à un média tunisien. "Les forces de la Garde nationale […] ont accru leur niveau de préparation et leur vigilance au cours de [l’Aïd], en prévision de toute situation d'urgence dans les zones frontalières territoriales et maritimes".

Deux bateaux portés disparus

Selon Chamesdine Marzoug, du Croissant rouge tunisien, un premier bateau est parti de l'île de Djerba, trois autres ont quitté la ville Zarzis et les deux derniers sont partis de Ben Gardane, à l'est de la Tunisie. 

Trois embarcations sont arrivées en Italie. Une quatrième, partie de Zarzis, a pris l'eau - mais ses occupants sont indemnes - et les deux derniers bateaux partis de Ben Gardane sont portés disparus, selon le Croissant rouge.

À bord du bateau parti de Zarzis se trouvaient notamment un père et son fils de quatre ans. Les 13 naufragés ont pu être secourus par la garde maritime après être restés trois heures en mer, accrochés à l’épave du bateau, explique Chamesdine Marzoug.

Selon cet ancien pêcheur qui s’est engagé dans l’aide aux migrants, les bateaux en bois utilisés pour tenter de traverser la Méditerranée sont vieux et le bois de la coque risque à tout instant de se percer.

>> Traversées de la Méditerranée : quand la jeunesse tunisienne, désespérée, se jette à la mer (4/4)

Huit ans après la révolution de 2011, les Tunisiens sont toujours nombreux à chercher à rejoindre l’Europe. "Tous les Tunisiens des côtes sont pêcheurs et ils veulent partir de ce qu’ils qualifient d’’enfer’ car ils ne trouvent pas de travail ici", assure Chamesdine Marzoug.

Selon lui, pour tenter d’échapper à la surveillance policière, les jeunes privilégient aujourd’hui les départs depuis des zones côtières à faible tirant d’eau où les gros navires de garde-côtes ne peuvent pas accéder.


 

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