Les migrants à bord de l'Open Arms vont pouvoir débarquer en Italie. Crédit : Open Arms
Les migrants à bord de l'Open Arms vont pouvoir débarquer en Italie. Crédit : Open Arms

La France, l'Allemagne, la Roumanie, le Portugal, l'Espagne et le Luxembourg ont déclaré jeudi être "prêts à recevoir" les 147 migrants de l'Open Arms. Le navire humanitaire errait depuis 14 jours au large de l'île italienne de Lampedusa, dans l'attente d'un port sûr où débarquer les rescapés.

C’est bientôt la fin du calvaire pour les 147 migrants secourus par l’Open Arms. Après 14 jours d’errance, six pays européens ont finalement trouvé un accord de répartition.

"La France, l’Allemagne, la Roumanie, le Portugal, l’Espagne et le Luxembourg viennent à peine de m’indiquer qu’ils sont prêts à recevoir des migrants", a annoncé jeudi 15 août le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, dans une lettre ouverte adressée à Matteo Salvini, ministre italien de l’Intérieur, fermement opposé au débarquement en Italie des migrants secourus par des ONG.

"Encore une fois, mes homologues européens nous tendent la main", s’est félicité Giuseppe Conte, en critiquant très durement Matteo Salvini qui appelle depuis la semaine dernière à sa destitution.

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Le ministre de l’Intérieur, également chef du parti d’extrême-droite la Ligue, se trouve affaibli depuis qu’il a fait voler en éclat jeudi 8 août son alliance gouvernementale formée avec le Mouvement Cinq étoiles (M5S, antisystème). Le sort du navire humanitaire Open Arms en est l’illustration.

"J’ai décidé de ne pas signer le nouveau décret du ministre de l’Intérieur destiné à empêcher l’entrée, le transit et l’arrêt dans les eaux territoriales du bateau de l’ONG Open Arms", a indiqué jeudi la ministre de la Défense italienne Elisabetta Trenta, appartenant au Mouvement Cinq étoiles.

Colère de Matteo Salvini

Matteo Salvini, qui réclame une rotation en Europe des ports de débarquement, avait signé début août un décret interdisant les eaux italiennes au navire humanitaire.

Une décision prise par un tribunal administratif, suite à un recours de l’Open Arms, a toutefois suspendu mercredi 14 août ce premier décret.

Dans la foulée, le ministre de l’Intérieur a signé un nouveau décret pour barrer la route au bateau.

Les décrets de Matteo Salvini doivent notamment être signés par la ministre de la Défense, qui n’entend de toute évidence plus suivre ses ordres.

"J’ai pris cette décision motivée par de solides raisons légales, en écoutant ma conscience", a expliqué jeudi Elisabetta Trenta, la ministre de la Défense dans un communiqué. "Nous ne devons jamais oublier que derrière les polémiques de ces derniers jours, il y a des enfants et des jeunes qui ont souffert de violences et d’abus de tous types. La politique ne peut jamais perdre de vue l’humanité", 

La veille, elle avait déjà dépêché deux navires pour escorter l’Open Arms, dans un souci d’évacuer les 32 mineurs qui ont déjà passé deux semaines à bord.

"L’humanité ne signifie pas aider les trafiquants et les ONG", a réagi sur Twitter Matteo Salvini. "C’est grâce à ce concept présumé [d’humanité] que pendant les années de gouvernement démocrate, l’Italie est devenue le camp de réfugiés de l’Europe", a-t-il asséné, jugeant que "l’humanité c’est investir un sérieusement en Afrique, certainement pas d’ouvrir les ports italiens".

L’Ocean Viking, des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), cherche également un port pour plus de 350 migrants secourus au large de la Libye. Jeudi 15 août, le navire humanitaire naviguait entre Malte et l’île italienne de Lampedusa.

 

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