Des migrants sur le pont de l'Open Arms. Crédit : Open Arms
Des migrants sur le pont de l'Open Arms. Crédit : Open Arms

Plusieurs migrants qui se trouvaient à bord de l'Open Arms, de Proactiva, se sont jetés à l'eau dimanche pour tenter de rejoindre les côtes de Lampedusa. Ils ont été ramenés à bord par des secouristes. L'Espagne a proposé, de son côté, d'accueillir le navire mais l'ONG a refusé cette proposition.

Déjà extrêmement délicate après plus de deux semaines passées en mer, la situation à bord du navire humanitaire Open Arms de l'ONG Proactiva a pris un tournant dramatique dimanche 18 août. Plusieurs migrants qui se trouvaient à bord se sont jetés à l'eau pour tenter de rejoindre les côtes de l'île de Lampedusa. Ils ont rapidement été ramenés à bord par des secouristes de l'Open Arms.

"Nous alertions [sur la situation] depuis des jours : le désespoir a des limites. Ils se sont jetés à l'eau et les secouristes essayent de les arrêter", a tweeté Oscar Camps, fondateur de Proactiva. Son message est accompagné d'une vidéo dans laquelle plusieurs personnes munies de gilets de sauvetage nagent en direction des côtes, suivies par des secouristes.

L'Espagne accepte d'accueillir l'Open Arms

Le même jour, le président du gouvernement espagnol par intérim, Pedro Sanchez, a annoncé que l'Espagne acceptait d'accueillir l'Open Arms dans le port d'Algésiras, dans le sud du pays.
L'équipage a refusé cette solution qui prolongerait encore le calvaire des migrants à bord et de l'équipage. "Après 26 jours de mission, 17 à attendre avec 134 personnes à bord, une décision de justice et 6 pays volontaires pour accueillir [les migrants], vous voulez que nous naviguions encore 950 miles, soit à peu près 5 jours, jusqu'au port le plus éloigné de Méditerranée avec une situation intenable à Bord ?", s'est indigné Oscar Camps dans un tweet.
Un communiqué du gouvernement espagnol publié dimanche souligne que les "ports espagnols ne sont ni les plus proches, ni les plus sûrs pour l'Open Arms mais que l'Espagne est le seul pays disposé à l'accueillir dans le cadre d'un solution européenne".

Mardi 13 août, Madrid avait pourtant rejeté la demande de Proactiva de prendre en charge les mineurs à bord de l'Open Arms. Madrid arguait que, l'Italie étant le pays le plus proche, c'était dans ce pays que les migrants devaient être débarqués.

Le ministre espagnol de l'Equipement Jose Luis Abalos, numéro trois du Parti socialiste espagnol, avait également souligné le fait que le capitaine du navire, Marc Reig, n'avait pas "la capacité juridique ni l'autorité" pour déposer une demande d'asile pour ces mineurs. Selon la législation en matière de droit d'asile, la demande doit être présentée en personne ou par des représentants légalement accrédités.

Accord de répartition

Samedi 17 août, les 27 mineurs non-accompagnés de l'Open Arms ont été autorisés à débarquer à Lampedusa. Matteo Salvini, le ministre italien de l'Intérieur, farouchement opposé au débarquement en Italie des migrants secourus par les ONG, a exigé que les 107 autres migrants restent à bord malgré l'accord européen de répartition conclu le 15 août.

La France, l’Allemagne, la Roumanie, le Portugal, l’Espagne et le Luxembourg avaient indiqué être prêts à recevoir des migrants de l'Open Arms. Paris a assuré dimanche être prêt à accueillir 40 des 107 migrants à bord.

"Encore une fois, mes homologues européens nous tendent la main", s’était félicité le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, en critiquant très durement Matteo Salvini qui appelle depuis la semaine dernière à sa destitution.

L'Ocean Viking, navire humanitaire de SOS Méditerranée et de Médecins sans frontières, est lui aussi toujours en attente dimanche d'un port pour débarquer les 356 migrants à son bord.




 

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