Des migrants attendent à Bihac, dans le nord de la Bosnie.  Crédit : ARCHIVE/EPA/FEHIM DEMIR
Des migrants attendent à Bihac, dans le nord de la Bosnie. Crédit : ARCHIVE/EPA/FEHIM DEMIR

La Bosnie va bénéficier d’une nouvelle enveloppe de 10 millions d’euros de la part de Bruxelles pour l'aider à bâtir de nouveaux centres d'accueil pour les migrants. Le pays fait face depuis deux ans à un afflux considérable de migrants qu'il peine à gérer.

La délégation de l’Union européenne (UE) à Sarajevo a annoncé lundi 19 août que Bruxelles allait augmenter son assistance à la Bosnie, avec une nouvelle enveloppe de 10 millions d'euros. Cet argent doit notamment contribuer à la construction de centres d'accueil supplémentaires pour les migrants qui se trouvent dans le pays dans l’espoir de passer en Croatie.

Ces fonds doivent également servir à "fournir des services de base et la protection, dont la nourriture, des logements, l'accès à l'eau et à l'hygiène", précise le communiqué de l’UE.

Avec cette nouvelle aide, l'assistance que la Commission européenne a allouée depuis le début 2018 à la Bosnie pour gérer cette situation s'élève à 34 millions d'euros.

Depuis début 2018, près de 36 000 migrants sont illégalement entrés en Bosnie. Environ 7 400 se trouvent actuellement sur son territoire.

Quelque 3 000 d'entre eux se trouvent toujours sans hébergement dans le pays. La situation est particulièrement critique non loin de la ville frontalière Bihac, dans le camp informel de Vukjac, installé sur une ancienne décharge publique. Sans accès à l’eau courante, les migrants installée là doivent faire la queue pour accéder à un réservoir d’eau afin de se laver. L'Union européenne a refusé de financer le fonctionnement de ce camp faute de conditions humanitaires requises. En effet, un champ de mines se trouve non loin de Vukjac.

>> À lire : Bosnie - Croatie : le "game" du chat et de la souris entre les migrants et la police à la frontière

Discorde autour de l’ouverture de nouveaux centres

Environ 4 100 personnes sont, elles, hébergées dans huit centres d'accueil du pays, installés essentiellement dans la région de Bihac, à proximité de la frontière avec la Croatie, pays membre de l'UE. Mais l’installation de nouveaux centres est régulièrement un sujet politique de discorde en Bosnie.

Les autorités sont réticentes à faire construire des centres d'accueil. Il faut dire que la situation est parfois explosive dans les centres d’hébergement. Au mois de juin, une violente rixe avait éclaté dans le centre du Miral, à Velika Kledusha. Les policiers ont été attaqués avec des barres de fer, des bouteilles et des pierres.

Quelques jours plus tôt, un incendie dans une partie de ce centre avait déjà fait une trentaine de blessés, la plupart souffrant de brûlures, mais aussi de blessures après avoir sauté par les fenêtres du deuxième étage de l'établissement pour fuir les flammes.

 

Et aussi