Des migrants ont sauté par dessus bord depuis l'Open Arms pour tenter de rejoindre Lampedusa à la nage, le 19 août 2019.
Des migrants ont sauté par dessus bord depuis l'Open Arms pour tenter de rejoindre Lampedusa à la nage, le 19 août 2019.

La situation à bord du navire humanitaire Open Arms, bloqué en mer depuis 19 jours, est devenue "hors de contrôle" selon l'ONG Proactiva, qui affrète le bateau. En trois jours, une dizaine de migrants se sont à jetés à l'eau pour essayer de rejoindre les côtes italiennes. Parallèlement, dans la nuit de lundi à mardi, huit migrants ont été évacués pour des raisons médicales.

L'ONG Proactiva tire à nouveau la sonnette d'alarme concernant la situation à bord du navire humanitaire Open Arms, ancré à près de 800 mètres de l'île italienne de Lampedusa. En trois jours, une dizaine de migrants ont sauté par-dessus bord pour tenter de rejoindre les côtes italiennes.

Ce mardi 20 août aux alentours de 11h, désespérées, neuf personnes se sont jetées à l'eau. "Nos sauveteurs et les garde-côtes italiens tentent de les secourir. La situation est hors de contrôle", a indiqué l'ONG sur son compte Twitter. 

Quelques heures plus tard, à 13h, deux autres personnes ont à leur tour sauté du navire. 

Plus tôt dans la matinée, Oscar Camps, le fondateur de l'ONG Proactiva, avait déjà publié sur Twitter la vidéo d'un homme à l'eau, et précisé que les garde-côtes italiens étaient intervenus pour le secourir. 

Dimanche 18 août également, plusieurs migrants, apercevant les côtes de Lampedusa, avaient quitté le bateau à la nage. Ils avaient finalement été ramenés à bord par des secouristes. 

"Un centre de détention libyen dans les eaux territoriales italiennes"

Certaines personnes sont à bord de l'Open Arms depuis maintenant 19 jours, égalant le record des migrants secourus par le Sea Watch3 fin décembre avant leur débarquement à Malte le 9 janvier dernier. Des débarquements des personnes les plus vulnérables ont lieu au compte-gouttes, mais une centaine de personnes se trouvent encore sur le navire. Dans la nuit de lundi à mardi, huit personnes et un accompagnant ont ainsi été évacuées de l'Open Arms pour des raisons médicales. 

En publiant des photos de ces passagers quittant le navire, Oscar Camps, fondateur de Proactiva, a dénoncé sur son compte Twitter un climat insoutenable : "Confinés dans une cage en fer pendant 18 jours, eau rationnée, nourriture rationnée... la situation commence à ressembler à celle d'un centre de détention libyen dans les eaux territoriales italiennes". 

Samedi 17 août, 27 mineurs non-accompagnés de l'Open Arms avaient été autorisés à débarquer à Lampedusa. Matteo Salvini, le ministre italien de l'Intérieur, farouchement opposé au débarquement en Italie des migrants secourus par les ONG, avait exigé que les 107 autres migrants restent à bord malgré l'accord européen de répartition conclu le 15 août.

La France, l’Allemagne, la Roumanie, le Portugal, l’Espagne et le Luxembourg avaient indiqué être prêts à recevoir des migrants de l'Open Arms. Paris a assuré dimanche pouvoir accueillir 40 des 107 migrants à bord.

 

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