Les migrants ont été autorisés à débarquer dans la nuit de mardi à mercredi sur l'île de Lampedusa. Crédit : Reuters
Les migrants ont été autorisés à débarquer dans la nuit de mardi à mercredi sur l'île de Lampedusa. Crédit : Reuters

Dans la soirée de mardi 20 août, le procureur d’Agrigente, en Sicile, a ordonné le débarquement des migrants se trouvant à bord du navire humanitaire Open Arms et la mise sous séquestre du navire. À bord, les migrants ont laissé exploser leur joie.

Après 19 jours d'attente, les 83 personnes secourues en mer Méditerranée encore à bord du navire humanitaire Open Arms ont finalement accosté peu avant minuit mardi 20 août sur l'île italienne de Lampedusa. Quelques heures plus tôt, après une inspection de la police judiciaire et de deux médecins, le procureur d’Agrigente, Luigi Patronaggio, avait décidé que la situation à bord obligeait le débarquement rapide des rescapés. 

Le procureur a également ordonné la mis sous séquestre préventive du navire de l'ONG espagnole Proactiva dans le cadre d'une enquête contre X pour séquestration de personnes, omission et refus d'actes officiels, dont le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, a affirmé, sur Facebook, qu'elle le vise directement.

Sur son compte Twitter, le fondateur de Proactiva, avait annoncé aux alentours de 20h30 le débarquement imminent de l'Open Arms. "Le navire sera saisi temporairement mais c'est un coût qu'Open Arms assume pour assurer la prise en charge des personnes à bord. Nous considérons qu'il est essentiel de donner la priorité à leur santé et leur sécurité dans cette urgence humanitaire", a-t-il écrit. 

À bord, la décision de débarquement a été accueillie par des cris de joie et des chants, comme le montre une vidéo publiée par l'ONG dans la soirée. 

Les migrants de l'Open Arms s'étaient vus refuser l'accès de l'île par les autorités italiennes, bien que six pays européens (France, Allemagne, Luxembourg, Portugal, Roumanie et Espagne) se soient engagés à les accueillir.

Dans la journée de mardi, l'équipage de l'Open Arms avait dénoncé une situation "hors de contrôle". En trois jours, une dizaine de migrants s'étaient jetés à l'eau, espérant rejoindre l'île à la nage.

Face à l'impasse dans laquelle se trouvait le navire, le gouvernement espagnol avait décidé d'envoyer, dans la journée, un navire militaire pour récupérer les passagers de l'Open Arms et les conduire jusqu'au port de Palma de Majorque, dans les Baléares. Lundi, le gouvernement espagnol avait qualifié de "honte pour l'humanité" la fermeté de l'Italien Matteo Slavini à l'égard de l'Open Arms. Samedi 17 août, 27 mineurs non-accompagnés de l'Open Arms avaient été autorisés à débarquer à Lampedusa. 
 

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