L’Ocean Viking attend en mer avec  356 personnes à bord. Crédit : SOS Méditerranée
L’Ocean Viking attend en mer avec 356 personnes à bord. Crédit : SOS Méditerranée

L'Ocean Viking, le navire humanitaire de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, attend depuis plus d'une semaine de se voir désigner un port où débarquer les 356 personnes qu'il a secouru en mer. Pour ces rescapés, l'attente est une "épreuve" et l'incertitude fait naître des tensions à bord. Le président de SOS Méditerranée, François Thomas, demande aux Etats européens d'indiquer "très rapidement" un lieu sûr.

"C'est beaucoup trop long". Bloqué dans les eaux internationales entre l'île italienne de Lampedusa et Malte, l'Ocean Viking attend depuis maintenant 12 jours de recevoir l'autorisation de débarquer ces 356 passagers dans un port sûr. 

À bord, les personnes secourues commencent à s'impatienter et à ressentir de l'angoisse. "Il y a beaucoup de personnes traumatisées, qui ont été torturées, emprisonnées, blessées, qui ont vécu des choses terribles en Libye. Certaines ont passé plus de deux jours en mer, sur des embarcations pneumatiques, en sachant qu'elles risquaient leur vie. Pour elles, l'attente est beaucoup trop longue", souligne le président de l'association SOS Méditerranée, François Thomas. Selon lui, le navire, plus grand que l'Open Arms, est adapté pour secourir des personnes et les prendre en charge, mais pas sur autant de jours.

"On ne peut pas leur donner l'assurance de débarquer dans les heures qui suivent"

"Il y a des douches, des sanitaires, mais ce n'est pas prévu pour durer et à bord nous avons des êtres humains avant tout. La promiscuité, l'angoisse, l'incertitude, la fatigue, le stress : tout cela peut créer des tensions", poursuit le président de l'association. "Si vous voulez, pour les hommes, il n'y a que 6 douches et 5 toilettes, dans ces conditions, il faut que tout le monde reste patient". 

Sur l'Ocean Viking, il n'y a pas "d'urgence sanitaire" à l'heure actuelle et les personnes sont toutes suivies par les médecins présents. Mais d'après François Thomas, il est possible que l'état de santé de certains passagers se dégrade.

Afin de déjouer l'ennui, des jeux et des cours de langues sont organisés. Un travail important pour "éviter les conflits" et "apaiser" les rescapés, confie encore François Thomas. Pour lui, les équipes de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières font "le maximum" mais sont elles aussi dans l'attente d'une solution : "il y a une chose qu'on ne peut pas leur donner, c'est l'assurance de débarquer dans les heures qui suivent". "Chaque jour, chaque heure, sont des épreuves supplémentaires", ajoute-t-il. 

Les conventions internationales sont pourtant claires, argue encore le président de l'association. "Il faut débarquer rapidement les rescapés dans un lieu sûr. Nous attendons des Etats européens qu'ils nous indiquent très vite un lieu de débarquement", explique-t-il.

L'Ocean Viking est le seul navire humanitaire en mer Méditerranée depuis le débarquement mardi 20 août au soir du navire Open Arms, de l'ONG espagnole Proactiva. Ce jour-là, l'ONG avait alerté sur une situation "hors de contrôle" à bord de l'Open Arms. En trois jours, une dizaine de personnes, désespérées, s'étaient jetées à l'eau pour rejoindre à la nage les côtes de Lampedusa, près desquelles le navire humanitaire était stationné. Plusieurs rescapés avaient par ailleurs été évacués pour des raisons médicales. 

 

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