L’Ocean Viking est affrété par Médecins sans Frontières (MSF) et SOS-Méditerranée. Crédit : picture-alliance/dpa/S. Friedel
L’Ocean Viking est affrété par Médecins sans Frontières (MSF) et SOS-Méditerranée. Crédit : picture-alliance/dpa/S. Friedel

Un accord européen a finalement été trouvé pour le débarquement à Malte et la prise en charge des 356 migrants secourus en mer Méditerranée par le navire humanitaire Ocean Viking, a annoncé vendredi le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner. La France prendra en charge 150 d’entre eux.

Fin de l’attente pour l’Ocean Viking, après 14 jours en mer. Un accord européen a été trouvé pour le débarquement à Malte et la prise en charge des migrants qui se trouvent à bord du navire humanitaire affrété par Médecins sans Frontières (MSF) et SOS-Méditerranée, a annoncé vendredi 23 août le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner.

En vertu de cet accord, "les 356 personnes à bord, sauvées en mer Méditerranée la semaine dernière, vont pouvoir débarquer à La Valette", la capitale maltaise, a tweeté le ministre. "Tous les migrants à bord" vont être transférés sur des bateaux militaires maltais, hors des eaux territoriales de ce pays, et amenés ensuite à terre, a par ailleurs indiqué, dans un tweet, le Premier ministre maltais Joseph Muscat.

Dans un second temps, la France prendra en charge 150 migrants présents sur ce bateau. Les autres seront répartis entre l'Allemagne, le Portugal, la Roumanie, le Luxembourg et l'Irlande.

"La France maintient sa solidarité : 150 seront accueillies dans les prochains jours sur notre territoire", a encore écrit sur Twitter le ministre français de l'Intérieur, trois jours après le débarquement en Italie d'un autre navire humanitaire, l'Open Arms, dont la France va recueillir 40 migrants.

Cet accord survient moins de trois jours après la fin de la crise de l'Open Arms au large de l'île italienne de Lampedusa. Après 19 jours d'attente, ce navire espagnol a finalement été autorisé à accoster mardi soir, grâce à l'intervention du procureur d'Agrigente, en Sicile.

"Soulagement"

Du côté de SOS-Méditerranée, on accueille avec “soulagement” ce dénouement qui s’est fait attendre bien trop longtemps. “C’est inquiétant et incompréhensible qu’il ait fallu quatorze jours pour trouver une solution”, s’offusque Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS-Méditerranée, joint par InfoMigrants. “Cette solution tardive est arrivée juste à temps car on n’était pas certains de pouvoir continuer à contrôler la situation : les stocks de nourriture se raréfiaient, il ne restait des rations de repas que pour quatre jours.”

L'Ocean Viking, un navire de 69 mètres battant pavillon norvégien, économisait aussi le carburant, se laissant dériver en journée dans le Canal de Sicile. Le bateau, parti le 4 août de Marseille et dont c'est la première mission pour SOS Méditerranée, s'était vu refuser, au dernier moment, par Malte de se ravitailler à l'aller en eau et carburant.

À lire sur InfoMigrants : À bord de l'Ocean Viking, "chaque heure qui passe est une épreuve"

Sur le bateau, la nouvelle du débarquement n'a pas été immédiatement annoncée aux intéressés, MSF préférant terminer d'abord une distribution de nourriture. “La gestion de 356 personnes sur un navire, c’est quelque chose de très minutieux”, ajoute Frédéric Penard. “Il faut faire en sorte qu’il n’y ait pas de drames et pour cela, il faut d’abord s’assurer de la présence de traducteurs afin que les informations ne soient pas comprises de travers”, assure-t-il, exhortant les États européens à convenir au plus vite d’un système leur permettant de remplir leurs obligations en vertu des conventions maritimes.

Le commissaire européen aux migrations Dimitris Avramopoulos a pour sa part remercié Malte pour avoir fait preuve "de solidarité concrète" en permettant le débarquement des migrants et s'est félicité de l'accord trouvé entre les États européens "dans un esprit de responsabilité collective".

Jeudi, un autre navire, le MareJonio, opéré par le collectif italien de gauche Mediterranea, a pris la mer. Vendredi, il se trouvait près de Lampedusa et se dirigeait vers la zone de secours, devant les côtes libyennes. L‘Ocean Viking, lui, va désormais se ravitailler dans un port encore indéterminé, avant de repartir en mer “d’ici quelques jours”.

 

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