Le camp de familles de migrants installé dans le parc de la Villette, dans le nord de Paris, a été évacué mercredi 28 août 2019. Crédit : Utopia 56
Le camp de familles de migrants installé dans le parc de la Villette, dans le nord de Paris, a été évacué mercredi 28 août 2019. Crédit : Utopia 56

Le campement de familles de migrants installé la semaine dernière dans le parc de la Villette, dans le nord de Paris, a été évacué mercredi matin. Cent-cinquante sept personnes ont été mises à l’abri.

L’évacuation du camp de familles de migrants installé dans le parc de la Villette depuis la semaine dernière a débuté mercredi 28 août vers 7h30. Les 157 personnes encore présentes à l’arrivée de la police et des bus ont été dirigées dans le calme vers des centres d’hébergement et des hôtels.

Des solutions d’hébergement d’un mois ont été proposées aux familles. "Les primo-arrivants ont été envoyés au centre d’hébergement du Cèdre bleu, à Sarcelles [Val d'Oise]. Les demandeurs d’asile, les personnes en procédure accélérée et les dublinées ont été placées au centre d’accueil pour les familles à Ivry-sur-Seine [Val-de-Marne], les sans-papiers et les déboutés vont être hébergés à l’hôtel et les réfugiés statutaires ont été envoyés vers des centres d’hébergements d’urgence", résume pour InfoMigrants Julie Lavayssière de l’association Utopia 56.

Plusieurs familles en situation irrégulière ou ayant reçu une obligation de quitter le territoire (OQTF) avaient préféré quitter le camp pendant la nuit de peur d’être placées en centre de rétention.

D’autres familles étaient parties pour se rendre à des rendez-vous administratifs ou bien pour raisons médicales. Un couple a notamment dû aller à l’hôpital dans la nuit après que la femme a eu des contractions. Une autre femme enceinte a été emmenée à l’hôpital par les pompiers pour des contractions.

"Monter en gamme"

Pour Utopia 56, qui a initié ce campement, ces mises à l’abri "ne sont pas des solutions de long terme mais c’est ce qui s’en approche le plus pour l’instant".

L’association regrette néanmoins que personne ne soit venu sur le camp expliquer aux familles quelles solutions d’hébergement allaient leur être proposées. "Cela a généré pas mal de stress, les familles nous posaient beaucoup de questions", raconte Julie Lavayssière.

Pour Utopia 56, le bilan de cette opération montée en une nuit dans un parc très fréquenté est plutôt positif. "Quand on rend visibles ces personnes, on a des solutions qui tiennent la route. Donc, si c’est la seule façon de nous faire entendre, il va falloir qu’on le refasse", n’exclut pas Julie Lavayssière.

Yann Manzi, le cofondateur d'Utopia 56, évoque, lui, auprès de l’AFP, la possibilité de "monter en gamme" pour un prochain camp. "Pourquoi pas le château de Versailles", glisse-t-il.

>> À lire : Paris : plus de 400 nouvelles places d’hébergement vont ouvrir à partir du 1er octobre

Selon le préfet de la région Île-de-France Michel Cadot, "plus de 15 000 personnes ont été mises à l'abri" depuis début 2019. Les associations d’aides aux migrants estiment que 2 000 vivent actuellement dans le nord de Paris dans des conditions indignes.


 

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