Le Mare Jonio a secouru une centaine de migrants dont 28 mineurs. Crédit : capture d'écran Avvenire
Le Mare Jonio a secouru une centaine de migrants dont 28 mineurs. Crédit : capture d'écran Avvenire

Le Mare Jonio, navire humanitaire battant pavillon italien, a secouru mercredi 28 août une centaine de migrants, dont 26 femmes et 28 mineurs. Le bateau du collectif de gauche Mediterranea faisait route en fin d'après-midi vers les côtes italiennes en attendant "l'attribution d'un port sûr".

"À 8h35 ce matin, le Mare Jonio a secouru une centaine de personnes", signale mercredi 28 août sur sa page Twitter le collectif italien de gauche Mediterranea, qui affrète le navire humanitaire.

Le Mare Jonio avait été mis sous séquestre en mai en vertu de la législation anti-migrants du ministre italien de l'Intérieur sortant Matteo Salvini, le leader de la Ligue (extrême droite), mais la mesure avait été levée en août. Le navire avait rejoint la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) en début de semaine.

Parmi les personnes secourues à bord du Mare Jonio se trouvent 26 femmes, dont huit enceintes, et au moins 28 mineurs dont 22 enfants de moins de 10 ans, précise le collectif.

L’équipage a repéré l’embarcation en détresse alors qu’elle était à la dérive et qu’elle se dégonflait. "Nous sommes arrivés à temps pour les sauver", signale encore Mediterranea.

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Selon le quotidien catholique italien Avvenire, les migrants ont passé deux jours et deux nuits en pleine mer sans eau ni nourriture avant d’être secourus.

Certains migrants souffrent d’hypothermie et présentent des signes "évidents de maltraitance et de torture subies en Libye", ajoute le collectif italien.

Le média Avvenire assure qu’au moins six personnes sont mortes sur la route. "Lorsque le bateau a commencé à se dégonfler, un groupe d’hommes est tombé à l’eau. Au moins six d’entre eux ont disparu", écrit le journal, s’appuyant sur les témoignages des rescapés. Les disparus seraient originaires du Sénégal, de Côte d’Ivoire et du Mali.

"Qu’adviendrait-il de ces 28 enfants et ces 26 femmes sans Mediterranea ?", se demande sur Twitter Carlotta Sami, porte-parole du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). "Au moins 900 personnes ont perdu la vie en mer Méditerranée cette année. Des tragédies qui auraient pu être évitées si nous arrêtions d’utiliser l’action humanitaire à des fins politiques", a-t-elle ajouté.

Mercredi en fin d’après-midi, le Mare Jonio faisait route vers le nord, en direction de l’Italie, dont dépend son pavillon. "Le centre de coordination italien a demandé aux ‘autorités italiennes compétentes’ l’attribution d’un port sûr pour le Mare Jonio", a tweeté le collectif.

Le navire humanitaire de l'ONG allemande Lifeline, l'Éléonore, était quant à lui encore bloqué mercredi au large de l'Italie et de Malte, les deux pays refusant son entrée dans leurs eaux territoriales.
 

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