Les tentatives de traversées de La Manche ont explosé depuis le début de l'année 2019. Crédit : Compte Twitter Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord
Les tentatives de traversées de La Manche ont explosé depuis le début de l'année 2019. Crédit : Compte Twitter Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord

Les ministres de l’Intérieur français et britannique ont évoqué jeudi "la possibilité d'un appui financier britannique" à la France pour "juguler" les traversées de la Manche par des migrants. Deux fois plus de personnes ont tenté leur chance depuis 2019 que sur l'ensemble de l'année 2018.

Christophe Castaner et son homologue britannique Priti Patel se sont rencontrés jeudi 29 août pour renforcer leur collaboration face à la hausse des tentatives de traversées de La Manche par les migrants. Les deux ministres de l’Intérieur ont évoqué "la possibilité d'un appui financier britannique" à Paris pour "juguler" ces traversées.

Dans leur communiqué, Christophe Castaner a souligné que ce nouvel effort financier servirait à "renforcer les patrouilles engagées et de gagner en efficacité". Cette éventuelle contribution financière, qui sera examinée "sous deux semaines" et dont le montant n'est pas précisé, viendrait s'ajouter aux 7 millions d'euros déjà engagés par les Britanniques en janvier pour l'acquisition de matériel de surveillance.

"La France a, comme le Royaume-Uni, intérêt à juguler le phénomène des traversées irrégulières de la Manche", a rappelé le ministre français de l'Intérieur. En janvier, Paris et Londres avaient signé un accord pour lutter contre ces traversées, après la mise en place d'un "plan d'action national".

Celui-ci a permis, au cours des dix derniers mois de démanteler "dix filières spécialisées dans les traversées maritimes", selon le ministère de l’Intérieur.

Deux fois plus de traversées depuis début 2019 qu’en 2018

Depuis le début de l’année, 1 473 migrants ont tenté de rejoindre les côtes anglaises, lors de 157 tentatives, contre 586 migrants pour 78 tentatives sur l'ensemble de l'année 2018, selon les chiffres de la préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord.

>> À lire : Toujours plus fréquentes et dangereuses : les traversées de La Manche, dernier espoir de rejoindre l’Angleterre

Le phénomène est apparu en 2016, avec 164 migrants secourus. Puis ils n’étaient plus que 47 l’année suivante. Une accélération se fait sentir depuis l’automne 2018. Le plan d'action franco-britannique lancé en janvier renforçant la surveillance côtière, en mer et à terre, n’a pas permis de réduire le nombre de tentatives.

Selon les associations locales d’aide aux migrants, les démantèlements à répétition des camps à Calais peuvent expliquer l’explosion des tentatives de traversées.

Du côté du parquet de Boulogne-sur-Mer, on estime que l'intensification des tentatives serait liée à l'arrivée d'une "communauté iranienne qui n'avait pas trouvé sa place sur le Calaisis et le Dunkerquois, puisque les Afghans avaient pris le marché des poids lourds. Ils ont ensuite été rejoints par les Irakiens", a indiqué un porte-parole à l’AFP.


 

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