L'équipage du Mare Jonio a alerté vendredi 30 août sur la situation sanitaire à bord. Crédit : MEDITERRANEA SAVING HUMANS
L'équipage du Mare Jonio a alerté vendredi 30 août sur la situation sanitaire à bord. Crédit : MEDITERRANEA SAVING HUMANS

Les navires humanitaires de l’ONG Life Line et du collectif Mediterranea ont chacun des dizaines de migrants à leur bord depuis plusieurs jours. Aucun port sûr où les débarquer ne leur a encore été proposé. La situation sanitaire devient inquiétante.

La situation s’enlise à bord du Mare Jonio et de l’Éléonore. Bloqués en mer depuis plusieurs jours faute de port sûr où débarquer les rescapés, les conditions sanitaires se dégradent.

Après avoir secouru en début de semaine une centaine de migrants au large de la Libye, le navire humanitaire de l'ONG allemande Lifeline, l'Éléonore, erre au large de l'île italienne de Lampedusa et de Malte.

Plus le temps passe, plus la situation devient problématique. Le manque d'espace et d'hygiène inquiète particulièrement les humanitaires. Le navire ne mesurant que 20 mètres sur cinq, les naufragés sont entassés les uns aux autres et dorment à même le sol.

120 secondes pour se laver

"Les personnes ont moins de 1 mètre carré d’espace par personne", explique sur Twitter le compte Seegezwitscher ["couverture maritime"], un projet du média allemand Straßengezwitscher qui rapporte la situation à bord de l’Éléonore.

La chaleur aussi est dure à supporter. Pour se protéger du soleil brûlant du mois d’août, les migrants s’abritent sous une bâche installée par les humanitaires. Afin de supporter la chaleur "étouffante", l’équipage organise des "balade" à bord d’un petit bateau de secours. "L’offre est très populaire", sourit Seegezwitscher.

Autre problème de taille : l’eau commence à manquer à bord. Le navire est équipé d’une usine de traitement d’eau salée mais ne permet pas de satisfaire tous les besoins, notamment en matière d’hygiène. Une douche de fortune installée dans la salle de bains permet aux migrants de se nettoyer mais le temps est limité.

"Tout le monde a 120 secondes" pour se laver "sinon nous manquerons d’eau", précise encore le média Seegezwitscher sur Twitter.

Les humanitaires s'inquiètent des possibles maladies qui pourraient se développer à bord, tant la situation sanitaire est catastrophique. "Beaucoup de gens ont toussé cette nuit, et au moins deux membres d'équipage sont malades", souligne le média allemand.

"Vêtements souillés par le gazole et les excréments"

À bord du Mare Jonio, la situation n’est pas meilleure. Le collectif Mediterranea a publié vendredi un communiqué de presse alertant sur la situation sanitaire. Les militants à bord ont fait état en particulier d'un "manque d'eau pour l'hygiène quotidienne", et souligné que ce problème "ne peut pas être résolu simplement par l'envoi de bouteilles d'eau".

Les humanitaires évoquent "des déchets qui s'accumulent dont des vêtements souillés par le gazole et des excréments", qui pourraient "avoir des conséquences sur la santé des personnes secourues et de l'équipage".

Les femmes, enfants et personnes malades qui se trouvaient à bord du Mare Jonio depuis leur sauvetage mercredi ont été autorisés à débarquer à Lampedusa jeudi. Trente-quatre personnes se trouvent toujours à bord.

 

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