Image du sauvetage de 13 migrants tunisiens par l'équipage du navire Alan Kurdi le 31 août 2019. Crédit : Sea Eye / Twitter
Image du sauvetage de 13 migrants tunisiens par l'équipage du navire Alan Kurdi le 31 août 2019. Crédit : Sea Eye / Twitter

Le navire humanitaire Alan Kurdi qui a secouru 13 migrants samedi espère pouvoir débarquer à Lampedusa, malgré l’interdiction de l’Italie. Deux autres navires humanitaires, le Mare Jonio et l’Éleonore, ont réussi à forcer la main aux autorités italiennes pour permettre le débarquement de leurs rescapés.

Les semaines se suivent et les bateaux humanitaires se succèdent aux portes de l’Italie. Tandis que le Mare Jonio vient d’être autorisé, lundi 2 septembre, à débarquer la trentaine de migrants se trouvant à son bord depuis mercredi, le Alan Kurdi, lui, fait route entre Malte et Lampedusa.

L’équipage de ce navire de l’ONG allemande Sea Eye a secouru, samedi 31 août, 13 personnes. Saines et sauves, elles affirment venir de Tunisie. Sea Eye a indiqué que huit mineurs figuraient parmi ses 13 rescapés. Ils ont été secourus alors qu’ils se trouvaient à 34 miles nautiques de l’île de Lampedusa dans un petit canot en bois.

Le Alan Kurdi, attend, à présent, les instructions de l’Italie au large des côtes de Lampedusa, selon un témoin se trouvant à bord, cité par l’agence Reuters. Rome, conformément à un texte du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, a déjà notifié au navire l’interdiction d’accoster.

Le dirigeant italien a fait adopter ces deniers mois un décret renforçant l'arsenal répressif contre les navires portant assistance aux migrants. Le texte fixe à un million d'euros l'amende maximale dont sont passibles les commandants des navires entrant sans autorisations dans les eaux italiennes, et prévoit l'arrestation immédiate des capitaines qui accosteront de force dans un port italien.

Régulièrement, les capitaines des navires humanitaires décident de défier l’interdiction italienne. C’est le cas de Claus-Peter Reisch, capitaine de l’Éleonore de l’ONG allemande Lifeline qui a choisi de forcer, lundi, l’entrée dans les eaux territoriales italiennes, dans le sud de la Sicile, car la "situation à bord représentait un danger de mort" en raison d'une mauvaise météo et d'une mer agitée durant la nuit, a-t-il expliqué lundi sur Twitter.

Une centaine de migrants se trouvaient à bord du navire qui a été saisi dans la foulée par les autorités italiennes pour violation de l’interdiction d’entrée dans les eaux italiennes.

Quant aux rescapés du Mare Jonio, ils doivent être débarqués lundi par les garde-côtes italiens “pour des raisons sanitaires”. Un premier groupe de 67 personnes comprenant femmes, enfants et malades avait déjà été débarqué il y a quelques jours. "Leur odyssée est finie et l'on entrevoit à l'horizon un peu d'humanité. Bienvenue en Europe !", a twitté l'ONG italienne Mediterranea Saving Humans qui affrête le Mare Jonio.

 

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