L’Ocean Viking au large des côtes maltaises lors de la première mission de sauvetage, en août 2019. Crédit : Ocean Viking / Reuters
L’Ocean Viking au large des côtes maltaises lors de la première mission de sauvetage, en août 2019. Crédit : Ocean Viking / Reuters

L'Ocean Viking a quitté le port de Marseille lundi soir et met le cap vers sa deuxième mission de recherche et sauvetage de migrants au large de la Libye, a annoncé SOS Méditerranée, son affréteur avec Médecins sans Frontières.

Malgré un contexte des plus hostiles et des ports fermés aux migrants, le navire humanitaire Ocean Viking affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières, a repris du service lundi 2 septembre dans la soirée.

L’équipage a annoncé sur Twitter avoir quitté le port de Marseille pour entamer sa deuxième mission de recherche et de sauvetage de migrants dans la SAR Zone, la zone de détresse où sont secourus de nombreux migrants fuyant la Libye. “Après un ravitaillement en carburant, le navire se dirigera vers la Méditerranée centrale, où des hommes et des femmes continuent de se noyer en tentant de fuir l'enfer libyen”, a précisé l’ONG.

L'Ocean Viking se trouvait depuis le 27 août au port de Marseille après 23 jours de mer et le sauvetage de quatre canots en détresse transportant 356 migrants au total. Après douze jours d’attente en mer, les rescapés avaient finalement été débarqués au large de Malte.

"La situation en mer est pire qu'avant, parce qu'on n'a même plus d'informations sur les bateaux en détresse [...] Et aussi parce que l'attente [pour] les personnes secourues est encore longue", a expliqué à l’AFP Nick Romaniuk, coordinateur des opérations à bord de l'Ocean Viking.

En effet, la question du débarquement des migrants crispe les pays de l’Union européenne depuis des mois. Certains gouvernements estiment que les organisations humanitaires font le jeu des passeurs en forçant la mains aux pays de l’EU pour qu’ils acceptent et se répartissent les rescapés. “Ça fait quand même quatorze mois […] depuis la fermeture des ports italiens”, qu’on attend la mise en place de mécanismes de débarquement”, a rappelé Sophie Bau, directrice générale de SOS Méditerranée France lors d’une conférence de presse le 30 août.

“Ça peut très vite dégénérer quand les gens n’ont pas de perspective d’un débarquement dans un port sûr : leur plus grande crainte c’est d’être ramené vers la Libye” où ils décrivent des conditions de vie déplorables, a-t-elle ajouté. SOS Méditerranée assure que les équipages du Ocean Viking contactent les garde-côtes libyens dès qu’ils repèrent une embarcation en détresse, mais “ils ne répondent jamais”, selon Nick Romaniuk.

L'Ocean Viking a remplacé l'Aquarius qui, privé de pavillon, avait dû abandonner ses missions en décembre 2018.

 

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