Un migrant à l’intérieur du camp de Moria sur l’île de Lesbos en Grèce. Crédit : picture-alliance / N. Economou
Un migrant à l’intérieur du camp de Moria sur l’île de Lesbos en Grèce. Crédit : picture-alliance / N. Economou

Face à la recrudescence des arrivées en Grèce via les frontières terrestre et maritime gréco-turques depuis janvier 2019, le gouvernement a annoncé une série de mesures allant du renforcement du contrôle des frontières et des sans-papiers à la suppression du droit d'appel pour les demandes d'asile rejetées en première instance.

En Grèce, le durcissement de la politique migratoire se fait sentir, à peine quelques semaines après l’élection du nouveau Premier Ministre Kyriakos Mitsotakis fin juillet. Le dirigeant conservateur avait déjà annoncé une série de mesures comme le renforcement de la surveillance des frontières. Le ministère de l’Immigration, créé lors de la crise migratoire de 2015, a également été supprimé. Ce dossier est désormais confié au ministère de la Protection du citoyen.

Un coup d'accélérateur a été donné samedi 31 août : à l’issue d’une réunion entre le Premier Ministre et ses conseillers en sécurité nationale, le gouvernement a annoncé un nouveau train de mesures dont la suppression du droit d'appel pour les demandes d'asile rejetées en première instance. L'objectif, selon Kyriakos Mitsotakis, est de combler les retards importants pris dans les procédures d'examen des demandes d'asile qui peuvent actuellement s’étaler sur plusieurs années.

>> À (re)lire : Hausse des arrivées de migrants : "La Grèce a atteint ses limites d'accueil", s'inquiète le gouvernement

"Une restriction des droits de réfugiés" 

Plusieurs ONG ont immédiatement dénoncé cette mesure. Elles ont été rejointe, mercredi 4 septembre, par l'Union grecque des magistrats administratifs qui estime que supprimer les commissions d'appel constituait une véritable "restriction" des droits en Grèce.

Depuis leur création après la crise migratoire de 2015, les commissions de recours ont été un succès car l'objectif des procédures d'octroi de l'asile est "la protection des ayants droit", soulignent les magistrats. "La restriction des droits de réfugiés" s'oppose au droit humanitaire international, à la législation européenne et à la jurisprudence en la matière".

Le conseil grec des réfugiés (GCR), quant à lui, a appelé le gouvernement à "s'abstenir de tout acte qui viole le droit européen et international et à sauvegarder les droits fondamentaux des réfugiés".

Plus de 70 000 migrants bloqués en Grèce

Plus de 70 000 migrants et réfugiés sont actuellement bloqués en Grèce depuis la fermeture des frontières en Europe après la déclaration UE-Turquie de mars 2016 destinée à freiner la route migratoire vers les îles grecques.

Le gouvernement a promis d'accélérer le renvoi en Turquie de ceux qui n'ont pas pu obtenir l'asile en Grèce, en vertu de cette même déclaration UE-Turquie. Mais de nombreuses ONG internationales soutiennent que la Turquie ne peut pas être considérée comme un "pays sûr" pour le renvoi des demandeurs d'asile.

>> À (re)lire : La Grèce redevient le premier pays d'entrée des migrants en Europe

Le nouveau gouvernement a pris la décision d’accélérer le durcissement de sa politique migratoire après l’arrivée de milliers de migrants au cours de l’été. Pour la seule journée du 29 août, par exemple, 13 bateaux chargés de migrants sont arrivés sur les côtes grecques et notamment à Lesbos où comme sur les îles voisines, les capacités d’accueil sont débordées. Cette année la Grèce est redevenue la première porte d'entrée de migrants.

 

Et aussi