Murat Kula/Presidential Press Office/Handout via REUTERS | Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, le 5 septembre 2019.
Murat Kula/Presidential Press Office/Handout via REUTERS | Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, le 5 septembre 2019.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé ce jeudi 5 septembre un ultimatum aux Occidentaux : s’ils n’aident pas son pays à créer dans le nord de la Syrie une "zone de sécurité" pour abriter les réfugiés, il "ouvrira les portes" – sous-entendu, celles de l’Europe – aux millions de Syriens que la Turquie accueille déjà.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

C’est avec les Américains qu’Ankara négocie actuellement les contours d’une zone dite "de sécurité" à la frontière turco-syrienne, mais ce sont les Européens qui sont les premiers concernés par l’ultimatum du président turc.

Recep Tayyip Erdogan voudrait renvoyer dans cette zone au moins un million des plus de trois millions et demi de Syriens réfugiés en Turquie. Si les Occidentaux ne l’y aident pas, Ankara menace donc une fois de plus de remettre en cause l’accord migratoire signé avec l’Europe en mars 2016.

Ultimatum d'Erdogan

"Si cela fonctionne, tant mieux. Sinon, nous serons contraints d’ouvrir les portes. Donc soit vous nous soutenez, soit… désolé de vous le dire, mais nous avons des limites", a averti Erdogan. "Est-ce que nous devons être les seuls à supporter cette charge ? Je l’affirme ici : le monde – à commencer par l’Union européenne – n’a pas partagé avec nous la charge des réfugiés syriens comme il aurait dû le faire. Et c’est pour obtenir ce soutien que nous pourrions être contraints d’agir ainsi."

Au-delà du retour des réfugiés en Syrie, cette zone de sécurité aurait pour objectif d’empêcher les forces kurdes syriennes de s’établir durablement aux frontières de la Turquie. Et là encore, Recep Tayyip Erdogan lance un ultimatum : si la zone promise par les États-Unis n’est pas créée d’ici la fin du mois, l’armée turque pourrait lancer une nouvelle offensive en Syrie.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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