Connue pour sa politique anti-immigration, le premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé jeudi 9 février par la voix de son chef de cabinet la construction d’une deuxième clôture anti-migrants ainsi que la mise en détention systématique des personnes entrées illégalement dans le pays. 

Le Premier ministre conservateur hongrois Viktor Orban poursuit sa politique nationaliste et anti-migratoire. Jeudi 9 février, son chef de cabinet Janos Lazar a annoncé lors d’une conférence de presse la construction d’une clôture à la frontière sud, ainsi que la détention systématique des migrants entrés de manière illégale dans le pays.

Une "clôture intelligente"

Le pays va construire une seconde clôture à sa frontière avec la Serbie afin de renforcer la barrière déjà existante construite l’an dernier. Qualifiée de "clôture intelligente" par les médias locaux, la barrière mesure trois mètres de haut et 10,3 kilomètres de long. Dotée de capteurs de chaleur et de mouvements, ainsi que de caméras nocturnes, elle est destinée à surveiller d’éventuelles tentatives de migrants d’entrer en Hongrie.

Détention systématique des migrants

Mais le gouvernement hongrois va plus loin, affirmant son intention d’installer également des camps à la frontière sud afin de retenir les migrants dans des conteneurs le temps que leur demande d’asile soit étudiée.  "La liberté de circulation de ces personnes sera supprimée, elles ne pourront séjourner que dans un endroit prévu à cet effet", a indiqué Janos Lazar, confirmant une annonce du dirigeant conservateur mi-janvier. "Cet endroit, ce sera la frontière, où des conteneurs pour 200 à 300 personnes seront mis en place. Les migrants devront attendre là une décision définitive", concernant leur demande d’asile, a-t-il précisé. Cette mesure s’appliquera aux nouveaux venus mais aussi aux demandeurs d’asile déjà hébergés dans le pays, à savoir 586 personnes actuellement.

Depuis deux ans, Viktor Orban s’est érigé en fer de lance européen de la lutte contre l’immigration, qu’il qualifie de "poison". Budapest est totalement opposée à toute relocalisation de migrants dans le cadre d’un plan européen. Seuls 425 personnes ont obtenu l’asile en Hongrie alors que près de 30 000 migrants ont déposé une demande dans le pays. Une très grande majorité d’entre eux ont poursuivi leur route vers l’Europe de l’ouest.

 

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