Des migrants mineurs à Paris. Crédit : InfoMigrants
Des migrants mineurs à Paris. Crédit : InfoMigrants

Un centre pour migrants mineurs a ouvert fin août à Sainte-Agnès, contre l’avis du maire du village. Vingt jeunes migrants sont pour l’heure hébergés pour une durée maximale de six mois dans cette petite commune isolée des Alpes-Maritimes.

Après des mois de controverses, un site d’hébergement pour migrants mineurs a ouvert ses portes le 29 août à Sainte-Agnès, dans les Alpes-Maritimes. Vingt jeunes migrants sont désormais hébergés dans cette structure, un ancien centre de loisirs Orméa désormais géré par l’association Pasteur Association Avenir Jeunesse (Paje). Ces premiers occupants ont été amenés de Nice, où ils étaient jusque-là hébergés dans des établissements du Crous devant être libérés pour la rentrée universitaire.

Le centre de Sainte-Agnès pourra accueillir au maximum 56 jeunes pour une durée de six mois. Sur place, "une équipe de 28 personnes est dédiée intégralement à leur accompagnement, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24", a indiqué la préfecture dans un communiqué. Des moyens importants, veut-elle faire savoir.

Colère

“Plusieurs véhicules sont attribués aux déplacements de ces jeunes, afin de n’engendrer aucune perturbation dans les transports publics locaux (le centre se situe à 10 kilomètres de Menton, NDLR). La prise en charge de la santé de ces jeunes est d’ores et déjà assurée par le service départemental de protection maternelle et infantile", ajoute encore la préfecture, qui précise que cette solution a été mise sur pied en réaction “à la saturation des structures d’accueil de ces jeunes”. Il s’agit de “la seule structure située dans l’est du territoire départemental qui soit destinée à recevoir des mineurs non accompagnés", précise-t-elle.

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Avec la mise en service de ce centre, la préfecture a remporté un bras de fer avec le maire de la commune, farouchement opposé à ce projet en raison, dit-il, d’irrégularités. L’édile Albert Filippi avait décidé le 24 juillet de prendre un arrêté interruptif des travaux entrepris dans le bâtiment, dénonçant leur "illégalité et leur engagement sans les autorisations liées à la sécurité, l’accessibilité et l’hygiène des personnes devant y résider". Le préfet avait riposté le 7 août en cassant cet arrêté, lui reprochant de "ne pas avoir respecté la procédure préalable contradictoire".

Albert Filippi, qui ne décolère pas, a dénoncé jeudi un écoulement d'eaux usées contenant des matières fécales qui viendrait dudit bâtiment, et a prévenu qu’il organiserait un rassemblement pour protester à nouveau contre ce projet au cours du mois de septembre.

Opacité

Aucune information n’est disponible quant aux occupants de ce centre ou leur pays d’origine, le département des Alpes-Maritimes assurant vouloir “protéger les mineurs concernés” en ne communiquant pas. Même absence d’information en ce qui concerne la mission précise de cette structure.

"On ne sait toujours pas s’il s’agit d’un centre d’accueil ou d’un centre de mise à l’abri [où sont hébergées des personnes migrantes pour une durée de quatre à cinq jours en moyenne dans l’attente de la reconnaissance, ou non, de leur minorité, NDLR]", dénonce David Nakache, président de l’association "Tous citoyens !". "Le Département et la préfecture font preuve de beaucoup d’opacité."

Selon le militant, la localisation isolée de ce centre situé à proximité de la frontière italienne pourrait poser problème. "S’il s’agit d’un centre d’accueil, je me demande à quoi ça rime de placer ces jeunes si loin d’une ville où trouver des opportunités d’emploi. Car, une fois qu’ils auront 18 ans, ces jeunes devront justifier d’une formation professionnelle continue de six mois pour obtenir une carte de séjour. Or, Sainte-Agnès est un petit village dans une petite vallée, que vont-ils faire ?"

De son côté, la préfecture tempère : "Le site d’hébergement Orméa est bien adapté pour l’accueil initial de ces jeunes vulnérables, pour une courte période".

 

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