Image d'archives d'un camp Porte de la Chapelle, dans le nord de Paris. Crédit : InfoMigrants
Image d'archives d'un camp Porte de la Chapelle, dans le nord de Paris. Crédit : InfoMigrants

L’aide au retour volontaire peut désormais s’élever jusqu’ à 2 500 euros jusqu’à la fin de l’année, contre 1 850 euros jusqu’à présent. Cette mesure concerne uniquement les Irakiens, Afghans et Iraniens présents dans les régions d’Ile-de-France et des Hauts-de-France.

Une aide au retour volontaire majorée. C’est la nouvelle proposition du gouvernement pour inciter certains migrants à rentrer chez eux.

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Un arrêté pris le vendredi 6 septembre stipule en effet que l’aide au retour volontaire sera réévaluée jusqu’à la fin de l’année pour les demandeurs d’asile déboutés en première instance – ceux qui renoncent à faire appel devant la CNDA  - et les sans-papiers ressortissants de pays soumis à un visa.

Une aide de 2 500 euros

L’aide de 650 euros, qui peut déjà être portée à 1 850 euros en cas d’opérations ponctuelles, passe désormais à 2 500 euros. Elle s'arrêtera le 31 décembre 2019.

"Les personnes concernées par cette mesure sont celles originaires d’Iran, d’Afghanistan et d’Irak présentes en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France", précise à InfoMigrants Didier Leschi, directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii). "Nous organisons cette réforme en prévision de l’évacuation de Grande-Synthe", continue-t-il.

Le tribunal administratif de Lille a ordonné mercredi 4 septembre l’expulsion de plus d’un millier de migrants qui vivent dans un gymnase à Grande-Synthe, dans le nord de la France. Depuis cette annonce, les associations, les autorités et les migrants se préparent donc à l’évacuation du campement.

Le renvoi, même volontaire, vers l’Afghanistan et l’Irak pose question, tant la situation sécuritaire y est problématique. Sur le site du ministère français des Affaires étrangères, "la totalité du territoire" afghan "est fortement déconseillé", alors que l’Irak est de son côté "déconseillé sauf raisons impératives".

Plus de 10 000 retours volontaires en 2018

Cependant, selon Didier Leschi, "beaucoup de personnes rentrent volontairement en Afghanistan chaque année". En 2018, 1 075 Afghans ont profité de l’aide au retour volontaire, selon les chiffres de l’Ofii.

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Le président de l’Office estime que si les Afghans ne souhaitaient pas rentrer chez eux, ils demanderaient l’asile en France, assurant qu’ils "obtiennent huit fois sur 10 le statut de réfugié".

Ce n’est pas la première fois qu’une telle mesure est annoncée. Le même montant avait été proposé aux personnes acceptant un retour volontaire fin 2017 et début 2018.

L’an dernier, 10 678 personnes, dont 2 709 mineurs, ont profité de l’aide au retour volontaire, selon les chiffres de l’Ofii, soit une hausse de 50% par rapport à 2017.

 

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