Matteo Salvini lors de son meeting à Pontida, le 15 septembre 2019. Crédit : Reuters
Matteo Salvini lors de son meeting à Pontida, le 15 septembre 2019. Crédit : Reuters

Lors d’un meeting organisé dimanche à Pontida, au nord de l’Italie, l’ancien ministre de l’Intérieur, écarté du nouveau gouvernement cet été, a menacé le pouvoir d’organiser un référendum sur l’immigration si ce dernier annule le décret-loi qu'il a promulgué le mois dernier pour bloquer l’accès des ports italiens aux navires humanitaires. "L’Italie redevient le camp de réfugiés de l’Europe", a averti Matteo Salvini.

Bien qu’il ait été écarté du pouvoir cet été, Matteo Salvini compte bien rester sur le devant de la scène. L’ancien ministre italien de l’Intérieur, également chef du parti d’extrême-droite la Ligue, s’est adonné ce week-end à son sujet favori, l’immigration illégale, menaçant le nouveau gouvernement.

Lors d’un meeting organisé dimanche 15 septembre à Pontida, une petite ville du nord de l’Italie, Matteo Salvini, qui est désormais dans l’opposition, a annoncé que son parti allait déclencher une série de référendums pour tenter de faire barrage aux réformes projetées par le nouvel exécutif, notamment sur les questions migratoires.

"L’Italie redevient le camp de réfugiés de l’Europe"

Le chef de la Ligue a prévenu qu’il essaierait de passer par la voie référendaire si le nouveau gouvernement de Giuseppe Conte annule le décret-loi qu’il a pris le mois dernier pour bloquer l’accès des ports italiens aux navires secourant des migrants en mer Méditerranée.

"Et voilà les ports ouverts sans limites", a réagi Matteo Salvini après l’autorisation de l’Italie de laisser débarquer ce week-end les 85 migrants secourus par le navire humanitaire Ocean Viking. "L’Italie redevient le camp de réfugiés de l’Europe", a-t-il insisté.

La législation italienne prévoit qu’un référendum doit être organisé si les initiateurs réunissent au moins 500 000 signatures. Un chiffre facilement atteignable selon Christophe Bouillaud, professeur de sciences politiques à Science Po Grenoble, joint par InfoMigrants.

"Matteo Salvini a la capacité de lancer un référendum, sa base est solide", assure ce spécialiste de l’Italie. "Les Italiens ne veulent plus voir d’immigrés arriver sur leur sol. Peu importe les discours de Salvini sur les autres sujets, les électeurs ne retiennent que ses propos anti-immigration." De plus, l’organisation d’un référendum est pour le chef de la Ligue une "bonne publicité car il montre qu’il donne le pouvoir au peuple".

80 000 partisans selon la Ligue

D’après le parti d‘extrême-droite, 80 000 partisans avaient fait le déplacement dimanche. "C’est exagéré mais il est vrai qu’il y avait énormément de monde", signale Christophe Bouillaud. Selon RFI, des fans étaient venus de tout le pays arborant pour beaucoup un tee-shirt à l’effigie de Matteo Salvini où on pouvait lire : "Fermez les ports ! Non à l’immigration !".

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C’est dans cette même ville qu’un Salvini triomphant avait annoncé l’an dernier que la Ligue allait gouverner l’Italie pendant les 30 années à venir.

L’expérience a duré un an à peine, avant de tourner court sous l’impulsion de Salvini, qui pensait forcer un retour anticipé aux urnes en faisant éclater la coalition mais n’avait pas anticipé la formation d’une coalition Parti démocrate / mouvement 5 étoiles (M5S).

"Dans quelques mois, il y aura un gouvernement du peuple", a promis dimanche le chef de la Ligue, espérant que la coalition au pouvoir éclate, provoquant la tenue d’élections générales anticipées au printemps prochain.

"Matteo Salvini est sûr de lui car il remonte fortement dans les sondages. Mais plus il est populaire, plus la coalition va être soudée pour éviter son retour au pouvoir", conclut le spécialiste Christophe Bouillaud.

 

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