Crédit : RFI
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Deux mois après l’attentat de Berlin commis par un ressortissant tunisien, le Premier ministre tunisien Youssef Chahed était ce mardi 14 février en Allemagne où il a rencontré la chancelière Angela Merkel. Celle-ci souhaite que les expulsions de demandeurs d’asile déboutés puissent être accélérées, ce à quoi son homologue est récalcitrant.

Avec notre correspondant à Berlin,  Pascal Thibaut

L'image est symbolique. Youssef Chahed se recueille sur les lieux de l'attentat du 19 décembre dernier commis par son concitoyen Anis Amri. « Il n'a rien à voir avec la Tunisie », a déclaré le Premier ministre quelques minutes auparavant lors d'une conférence de presse commune avec Angela Merkel. Mais Berlin reproche à Tunis comme aux pays du Maghreb en général de freiner les expulsions de leurs ressortissants sans titres de séjour. Dans le cas Amri, Youssef Chahed a rejeté à nouveau dans une interview toute erreur de son pays.

L'Allemagne veut rendre ces procédures plus rapides et plus efficaces. Les retours volontaires doivent être rendus plus financièrement plus attractifs. « Tous ceux qui ne peuvent pas rester sur notre sol, quel que soit leur profil, doivent être rapatriés en Tunisie. Cela fonctionne mieux si cela se fait de façon volontaire, si on propose aux intéressés un capital pour mettre un projet sur pied dans leur pays. Nous voulons à cette fin créer un centre de conseil en Tunisie », a insisté Angela Merkel ce mardi. En 2016, 116 Tunisiens ont été expulsés d’Allemagne, a précisé la chancelière.

Youssef Chahed s'est opposé clairement dans une interview à l'idée formulée récemment par Angela Merkel de camps en Tunisie pour accueillir les migrants sauvés lors de leur traversée de la Méditerranée depuis la Libye. Officiellement, ce sujet n'a pas été évoqué lors de la visite du Premier ministre tunisien.

En Tunisie, des aides pour une formation professionnelle ou la création d'une entreprise sont évoquées. Angela Merkel a estimé que 1 500 Tunisiens vivant en Allemagne étaient concernés par de telles procédures. Plus largement, l'Allemagne veut aider financièrement la Tunisie en matière de formation professionnelle de sécurité intérieure et d'investissements. Angela Merkel s'y rendra début mars. Il s'agit de la première visite d'un chef de gouvernement allemand depuis 45 ans.

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Texte initialement publié sur : RFI

 

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