Des réfugiés dans le camp de Moria, sur l'île grecque de Lesbos.  Photo: EPA/Panagiotis Balaskas
Des réfugiés dans le camp de Moria, sur l'île grecque de Lesbos. Photo: EPA/Panagiotis Balaskas

Un enfant réfugié afghan de 5 ans, caché à l’intérieur d’un carton en bordure de route, a été renversé mardi par un camion près du camp de migrants de Moria sur l'île grecque de Lesbos, a annoncé la police grecque. Cette tragédie est la conséquence des conditions de vie dramatiques et de la surpopulation dans ce camp, selon les ONG.

En Grèce, un enfant réfugié de 5 ans est mort, mardi 24 septembre, après avoir été renversé par un camion près du camp de migrants de Moria sur l'île de Lesbos. Selon un communiqué de la police grecque, l'enfant, originaire d'Afghanistan, était caché dans un carton près de la route lorsque le véhicule l'a percuté mardi après-midi.

"Nous sommes en deuil suite à la mort d'un enfant de 5 ans à Lesbos. Il jouait sur la route et a été percuté par un camion à l'extérieur de Moria [...] Cette tragédie n'aurait jamais dû arriver", a commenté le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l'ONU (HCR) sur Twitter.

Le conducteur, qui a déclaré à la police ne pas avoir réalisé qu'un enfant se cachait dans le carton, est détenu par la police grecque.

Cet accident tragique est, pour certains, le résultat malheureusement prévisible d’une situation hors de contrôle à Lesbos. "La semaine dernière, le gouvernement de droite nouvellement élu a fermé le seul endroit où pouvaient jouer les enfants de Moria : une aire de jeu avec des châteaux gonflables et un petit terrain de football, où les enfants étaient en sécurité et pouvaient regarder des films", fulmine Iasonas Apostolopoulos de Médecins sans frontières, sur un post Facebook.

"Cet 'accident' est la conséquence de toutes ces politiques menées par les différents gouvernements en Grèce, et par le régime raciste de la forteresse européenne, qui traite les immigrés comme des ennemis", poursuit-il.

>> A lire sur FRANCE 24 : Dans le nord de la Grèce, un camp de migrants "pire" que Lesbos

Le nombre de migrants n’a cessé d’augmenter au cours de l’été et les chiffres ont particulièrement gonflé depuis fin août. Le gouvernement, qui s'est dit "profondément inquiet" par cette hausse des arrivées sur les îles grecques, a décidé de transférer depuis début septembre plus de 2 500 réfugiés des îles égéennes vers le continent grec.

Le camp de Moria, régulièrement qualifié d’"enfer" et de "bombe à retardement" par les ONG, est critiqué pour ses conditions d'accueil désastreuses et non adaptées aux populations les plus vulnérables, notamment les enfants. Fin août, un jeune demandeur d'asile, lui aussi originaire d'Afghanistan, avait été poignardé à mort lors d'une rixe dans ce camp.

 

Et aussi