Un bateau avec 21 Tunisiens à bord arrive parmi les touristes sur la plage de l'île de Conigli à Lampedusa, le 14 septembre 2019. Crédit : ANSA
Un bateau avec 21 Tunisiens à bord arrive parmi les touristes sur la plage de l'île de Conigli à Lampedusa, le 14 septembre 2019. Crédit : ANSA

Environ 80 migrants sont arrivés ce week-end sur les côtes de l’île italienne de Lampedusa via trois embarcations autonomes. De plus en plus de migrants parviennent à atteindre, par eux-mêmes, les côtes italiennes sans avoir été interceptés.

Trois embarcations totalisant environ 80 migrants sont arrivées entre samedi 28 et dimanche 29 septembre sur l’île italienne de Lampedusa. Les patrouilleurs des gardes-côtes italiens et de la capitainerie du port de Lampedusa ont d’abord intercepté samedi soir deux embarcations transportant chacune 25 personnes. Quelques heures plus tard, à l’aube dimanche, une trentaine de Tunisiens sont arrivés sur la plage de Cala Palme à bord d’un canot.

Les 80 rescapés ont tous été transférés vers le hotspot le plus proche. Le centre d'accueil et d'enregistrement compte désormais une centaine de personnes, selon les médias italiens.

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Ces dernières semaines, les arrivées de migrants sur les côtes sud de la péninsule ont sensiblement augmenté, favorisées par des conditions météo favorables et une mer clémente. Elles se font de plus en plus avec des embarcations plus grandes que d'habitude ou avec des bateaux de pêche qui rapprochent les migrants de Lampedusa avant de les transférer sur des embarcations de dimensions plus réduites, précisent les médias locaux.

En outre, les grands sauvetages médiatiques opérés par des navires humanitaires sont de plus en plus anecdotiques comparés aux arrivées de migrants autonomes en Italie. En date du 21 septembre, sur les 6 620 migrants illégaux arrivés dans la péninsule depuis le début de l’année, quelque 5 500 ont débarqué seuls, sans avoir été repérés par les autorités ou secourus par les navires humanitaires, selon le quotidien italien La Repubblica.

"Nous pensons qu'il existe de nouvelles routes, non plus depuis la Libye mais depuis la Tunisie"

"Nous commençons à voir non seulement des Tunisiens, mais aussi des Subsahariens sur les bateaux qui arrivent de manière autonome", confirme le procureur d'Agrigente, Salvatore Vella, dans une interview au quotidien La Stampa. "Nous pensons qu'il existe de nouvelles routes, non plus depuis la Libye mais depuis la Tunisie, où la traversée est plus facile car elle est plus courte et peut être effectuée à bord de petits bateaux, avec un minimum de risques", a-t-il expliqué.

Il s’agit, selon lui, d’une nouvelle route de la Méditerranée centrale permettant aux passeurs de proposer, en quelque sorte, des “voyages en classe affaires” de part les bateaux rapides qui sont utilisés pour que la traversée ne dure que 14 à 16h, une durée moindre comparée à celle nécessaire pour atteindre les côtes européennes depuis la Libye. Le phénomène risque d’autant plus de prendre de l’ampleur en Italie que les ministres de l’Intérieur européens planchent actuellement sur un mécanisme de répartition des migrants secourus par les navires d’ONG, mais pas pour ceux arrivés de manière autonome.

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Cette nouvelle route de la Méditerranée centrale (vers l'Italie et Malte) reste toutefois moins empruntée que celles dites orientale (vers la Grèce) et occidentale (vers l’Espagne). Depuis le début de l'année 2019, contrairement aux chiffres enregistrés depuis 2011, seuls 13% des 67 000 migrants irréguliers arrivés en Europe ont débarqué en Italie ou à Malte, contre 57% en Grèce et 29% en Espagne (en provenance du Maroc), selon l'Institut d'études de politique internationale de Milan (ISPI).

 

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