Flickr CC BY-NC-ND 2.0 Jim Grey | La petite ville de Oughterard dans le comté de Galway n'a qu'une population de 1800 habitants.
Flickr CC BY-NC-ND 2.0 Jim Grey | La petite ville de Oughterard dans le comté de Galway n'a qu'une population de 1800 habitants.

À Oughterard, une petite ville dans le comté du Connemara, les autorités locales étudieraient la possibilité d’y aménager un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile, ce que rejettent un grand nombre d'habitants. Ils ont manifesté, à plusieurs reprises depuis début septembre. Et leur protestation est reprise par les réseaux d’extrême-droite.

Dès le début de la mobilisation qui passe beaucoup par les réseaux sociaux, des militants d’extrême droite l'ont rejoint avec le #Oughterard. L’un des plus actifs, dès le début, c’est Gearoid Murphy, un internaute adepte de la théorie du Grand remplacement et soutien du suprémacisme blanc.

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Entre autres relais, il y a aussi l’ancienne candidate à la présidence Gemma O’Doherty, grande climato-sceptique, ou encore Rowan Croft, un ancien militaire devenu Youtubeur, qui fait campagne aux côtés de Matteo Salvini et est défenseur du droit de porter une arme. Dans une moindre mesure, des militants d’extrême gauche ont aussi récupéré le débat.

Un débat dépassant leurs frontières

Royaume-Uni, Pologne, Canada, des éditorialistes suivis par plusieurs milliers de personnes ont exprimé leur admiration pour ces courageux Irlandais défendant leur pays face à "une nouvelle vague de migrants africains".

En France aussi, le site d’information Russia Today, financé par le Kremlin, ainsi que le site identitaire FdeSouche ont relayé les manifestations de "gilets jaunes irlandais contre l’installation de demandeurs d’asile". Difficile en réalité d’y voir un symbole : les manifestants irlandais portent régulièrement des vêtements réfléchissants, des gilets jaunes, pour être vus des voitures pendant leur défilé.

La publicité est très vite devenue gênante. Patrick Curran, l’administrateur du groupe Facebook Oughterard dit non aux centres d’hébergement, a indiqué faire quotidiennement le tri dans les membres pour expulser les infiltrés.

Une action opaque des pouvoirs publics

Dans le lot des manifestants, certains sont clairement opposés à l’arrivée de demandeurs d’asile dans leur ville. Mais la colère des habitants d’Oughterard est un peu plus complexe que cela. Tout est parti de la réouverture d’un hôtel fermé depuis des années, sans qu’il soit avéré qu’un centre allait ouvrir. Les autorités ont depuis confirmé à demi-mot. Les habitants dénoncent surtout une action réalisée dans l’opacité.

Ils s’inquiètent aussi quant à la saturation des services publics. À Oughterard, il n’y a plus qu’un seul médecin traitant pour les 1 300 personnes. Les écoles sont au maximum de leur capacité d’accueil.

Enfin certains veulent accueillir ces demandeurs d’asile, mais pas n’importe comment. Lors de la dernière manifestation, samedi, on pouvait voir des panneaux : "Oui aux réfugiés, non aux centres d’hébergement". Ils réclament un système d’accueil permettant davantage d’intégration.

Les habitants d’Oughterard se sont d’ailleurs émus dans la presse irlandaise d’être présentés comme racistes. Sur les réseaux sociaux, le #Oughterard donne lieu aujourd’hui à un véritable affrontement entre ces protestataires aux diverses motivations.

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Texte initialement publié sur : RFI

 

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