Entre 600 et 800 personnes vivaient, depuis un an, entassées au gymnase de Saint-Herblain, près de Nantes. Crédit : Leslie Carretero / InfoMigrants
Entre 600 et 800 personnes vivaient, depuis un an, entassées au gymnase de Saint-Herblain, près de Nantes. Crédit : Leslie Carretero / InfoMigrants

La police est arrivée en nombre mardi à l’aube au gymnase Jeanne-Bernard, à Saint-Herblain, près de Nantes. Objectif : identifier les quelque 800 migrants qui y vivent entassés mais aussi placer les familles en centre d’accueil et les déboutés en centre de rétention.

Cinq jours après le décès d’un jeune Tchadien découvert dans un abri de fortune au gymnase Jeanne-Bernard, à Saint-Herblain en banlieue de Nantes, des policiers et des agents de la préfecture se sont présentés sur place, mardi 8 octobre, dès 6h du matin.

Il ne s’agit pas, pour l’heure, d’une évacuation mais plutôt d’une intervention visant à “sécuriser le secteur, à connaître les personnes que nous avons sur le site et à identifier les femmes et les enfants de manière à pouvoir les orienter et les prendre en charge au titre de leur vulnérabilité”, a indiqué Serge Boulanger, secrétaire général de la préfecture, présent lors de l'opération.

Plusieurs familles ont ainsi été dirigées vers un bus qui doit les amener en centre d’hébergement. La préfecture des Pays de la Loire et de Loire-Atlantique a précisé que “23 femmes, 10 hommes et 16 enfants ont quitté le gymnase et vont être mis à l'abri.” 

“Refoulés à l’arrière du gymnase”, selon les dires d’un occupant cité par le quotidien Ouest France, les autres ont été contrôlés en petits groupes par la police.

Des douches, des toilettes et des points d’eau potable doivent être installés dès mercredi, a promis la préfecture. “Nous avons missionné un opérateur qui va prendre en compte le site dans les jours à venir, le nettoyer, le sécuriser. Seules les personnes porteuses d’un badge pourront accéder au site”, a expliqué Serge Boulanger.

>> À lire sur InfoMigrants : Reportage : à Nantes, un squat insalubre abrite plus de 250 migrants livrés à eux-mêmes 

Plusieurs militants et associatifs qui ont passé la nuit sur place se disent, par ailleurs, inquiets de voir les déboutés et les sans-papiers du gymnase envoyés en centre de rétention administrative. Dans une lettre du ministère de l’Intérieur adressée aux élus locaux, l’exécutif demande que “les personnes qui se trouveraient en situation irrégulière, sans droit possible au séjour, [soient] prises en charge par les services de la préfecture aux fins d’éloignement.”

Conformément à une décision de justice rendue en début de semaine dernière, les autorités avaient trois mois pour évacuer le gymnase. La préfecture avait rétorqué, dans un premier temps, qu’elle n’exécuterait pas la décision, considérant que les migrants étaient trop nombreux pour être pris en charge. Lors d'une conférence de presse organisée au lendemain du décès du jeune Tchadien, elle a finalement assuré qu'elle répondrait à certaines injonctions du tribunal, à savoir identifier les occupants et garantir des conditions sanitaires dignes.

 

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