Murat Kula/Presidential Press Office/Handout via REUTERS | Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une réunion de son parti, l'AKP, à Ankara le 10 octobre 2019.
Murat Kula/Presidential Press Office/Handout via REUTERS | Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une réunion de son parti, l'AKP, à Ankara le 10 octobre 2019.

Le président turc a menacé, jeudi, d'ouvrir les portes de l'Europe à des millions de réfugiés en réponse aux critiques sur l'intervention turque contre une milice kurde dans le nord-est de la Syrie.

Le message est limpide. "Ô Union européenne, reprenez-vous. Je le dis encore une fois, si vous essayez de présenter notre opération [militaire contre les kurdes] comme une invasion, nous ouvrirons les portes et vous enverrons 3,6 millions de migrants", a déclaré ce jeudi Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Ankara. 

La Turquie accueille 3,6 millions de réfugiés syriens sur son sol. Le flux de migrants depuis la Turquie vers l'Europe s'est considérablement tari à la faveur d'un accord conclu en 2016 entre Ankara et l'UE

 "La Turquie est peut-être le seul pays dont la présence en Syrie soit actuellement légitime", a ajouté Erdogan.

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Les pays européens ont vivement critiqué l'opération lancée mercredi par la Turquie dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde, les YPG, considérée comme terroriste par Ankara mais soutenue par les Occidentaux car elle constitue le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe État islamique.

Le président turc a poursuivi : "Vous n'avez jamais été sincères. À présent ils disent qu'ils vont bloquer trois milliards d'euros [promis à la Turquie dans le cadre de l'accord migratoire]. Avez-vous jamais respecté une promesse qui nous a été faite ? Non [...] Avec l'aide de Dieu, nous poursuivrons notre chemin, mais nous ouvrirons les portes" aux migrants.

Plus conciliant sur la question des prisonniers jihadistes

Sur une autre question qui préoccupe les Européens, celle du retour possible de jihadistes détenus actuellement par les Kurdes, Erdogan s’est voulu plus conciliant. La veille, son porte-parole avait appelé les pays de l’UE à "reprendre" leurs ressortissants. "Nous ferons ce qui est nécessaire avec les prisonniers de l'EI [...]. Ceux qui doivent rester en prison, nous les y maintiendrons, et nous renverrons les autres dans leur pays d'origine, si ces derniers les acceptent", a nuancé ce jeudi le président turc.   

Par ailleurs, Recep Tayyip Erdogan s'est défendu de viser les Kurdes en général, affirmant que les YPG étaient l'unique cible de l'offensive.

(avec AFP)

Texte initialement publié sur : RFI

 

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