Image d'archives de migrants tunisiens arrivant à Lampedusa. Crédit : Ansa
Image d'archives de migrants tunisiens arrivant à Lampedusa. Crédit : Ansa

En 48 heures, 346 migrants, répartis dans neuf embarcations, ont débarqué à Lampedusa, "un chiffre important" selon l’Organisation internationale des migrations. Les arrivées sont néanmoins en baisse sur cette île italienne, où un millier de personnes accostaient chaque week-end jusqu’en 2017.

En seulement deux jours, 346 migrants sont arrivés sur l’île italienne de Lampedusa selon les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM).

Les migrants arrivés en Italie ce week-end étaient répartis dans neuf embarcations différentes : quatre venaient de Libye et cinq de Tunisie.

Le seul hotspot de l’île est surpeuplé

"Parmi les canots venus de Tunisie, on a compté environ 150 Tunisiens et environ 70 Ivoiriens, dont 47 femmes", précise à InfoMigrants Flavio di Giacomo, porte-parole de l’OIM en Italie. Concernant les passagers débarqués de Libye, la majorité est originaire d’Érythrée, de Somalie et du Bangladesh.

Une autre embarcation de 30 personnes était par ailleurs uniquement composée de ressortissants libyens, dont des femmes et des enfants.

"C’est un chiffre important pour 2019 mais comparativement aux années précédentes, ce n’est pas énorme", affirme le porte-parole de l’OIM. "Jusqu’au milieu de l’année 2017 et l’accord entre l’Italie et la Libye, on pouvait voir arriver 1 000 personnes à Lampedusa en un week-end", ajoute-t-il.

"Avant août 2017, environ 27 000 migrants pouvaient débarquer en Sicile les mois d’été et environ 5 000 en hiver", continue Flavio di Giacomo.

"Nous pensons qu'il existe de nouvelles routes, non plus depuis la Libye mais depuis la Tunisie"

Cependant, si le flux s’est tari, les arrivées de migrants sur les côtes sud de la péninsule ont sensiblement augmenté ces dernières semaines, favorisées par des conditions météo favorables et une mer clémente. Elles se font de plus en plus avec des embarcations plus grandes que d'habitude ou avec des bateaux de pêche qui rapprochent les migrants de Lampedusa avant de les transférer sur des embarcations de dimensions plus réduites, précisent les médias locaux.

>> À lire sur InfoMigrants : Italie : de plus en plus de migrants arrivent seuls sur les côtes de Lampedusa

"Nous commençons à voir non seulement des Tunisiens, mais aussi des Subsahariens sur les bateaux qui arrivent de manière autonome", confirme le procureur d'Agrigente, Salvatore Vella, dans une interview au quotidien La Stampa. "Nous pensons qu'il existe de nouvelles routes, non plus depuis la Libye mais depuis la Tunisie, où la traversée est plus facile car elle est plus courte et peut être effectuée à bord de petits bateaux, avec un minimum de risques", a-t-il expliqué.

Il s’agit, selon lui, d’une nouvelle route de la Méditerranée centrale permettant aux passeurs de proposer, en quelque sorte, des “voyages en classe affaires” : des traversées en seulement 14 à 16 heures via des bateaux rapides. Une durée moindre comparée à celle nécessaire pour atteindre les côtes européennes depuis la Libye. Le phénomène risque d’autant plus de prendre de l’ampleur en Italie que les ministres de l’Intérieur européens planchent actuellement sur un mécanisme de répartition des migrants secourus par les navires d’ONG, mais pas de ceux arrivés de manière autonome.

 

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