Un incendie s'est déclaré lundi 14 octobre dans le camp de Vathy, à Samos. Crédit : MSF
Un incendie s'est déclaré lundi 14 octobre dans le camp de Vathy, à Samos. Crédit : MSF

Dans le camp de Vathy, sur l’île grecque de Samos, un incendie a éclaté lundi après une rixe entre Afghans et Syriens. Trois personnes originaires de Syrie ont été blessées. Les ONG demandent inlassablement l’évacuation des migrants vers le continent, insistant sur la surpopulation du camp qui abrite 5 700 personnes pour une capacité de 650 places.

La tension monte une nouvelle fois dans les îles grecques. Deux semaines après l’incendie du camp de Moria qui a fait un mort, sur l’île de Lesbos, c’est au tour de celui de Vathy, sur l’île de Samos, d’être touché par les flammes.

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Lundi 14 octobre, un incendie a en effet détruit une partie du camp de Vathy après une rixe entre migrants. Selon une source policière contactée par l’AFP, la bagarre aurait opposé des groupes de Syriens et d’Afghans.

Selon certains médias grecs, l'incendie aurait été allumé en représailles après la bagarre, dans laquelle trois Syriens ont été blessés au couteau.

"Ce n’est pas surprenant que des tensions aient eu lieu. Ce qui est étonnant en revanche, c’est que ce soit la première fois", déclare à InfoMigrants Marylin Falkowski de l’ONG Med’Equali team qui prodigue des soins aux migrants du camp de Vathy.

Le camp est en effet au bord de l’implosion : environ 5 700 migrants y sont installés, pour une capacité de 650 places.

"Plusieurs tentes et conteneurs ont été détruits"

"Il y a eu une explosion puis un gros coup de feu vers 22 heures, heure locale", a déclaré à l’AFP Georgios Stantzos, le maire de Vathy, chef-lieu de l’île de Samos.

Dans un communiqué, Médecins sans frontières (MSF) – qui est présent sur l’île depuis 2015 - signale que "plusieurs tentes et conteneurs ont été détruits" et que "600 personnes qui n’avaient nulle part où aller pour dormir" ont été "mises à l’abri par des ONG".

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"Personne ne semble avoir été blessé par le feu. D’après ce que nous savons, ce ne sont que des dégâts matériels", précise à l’AFP un représentant du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) qui ajoute qu’une "trentaine de tentes ont été détruites".

Le conseil municipal s’est réuni en urgence mardi matin pour réclamer à nouveau au gouvernement grec de désengorger au plus vite Samos. Le maire de l’île a fermé les écoles mardi et des renforts de police ont été envoyés d’Athènes.

"Ce cauchemar doit cesser !"

"La moitié des personnes bloquées dans le camp de Vathy à Samos sont des femmes et des enfants", a tweeté MSF lundi soir. "Ce cauchemar doit cesser ! Les enfants et autres personnes vulnérables doivent être évacués des îles grecques pour être hébergés en sécurité."

À Samos, les conditions de vie des migrants sont régulièrement dénoncées par les ONG. L’accès à l’eau, à de la nourriture et à des sanitaires est quasi mission impossible. "Certains font la queue dès 2 heures matin pour espérer avoir un petit-déjeuner vers 7 heures, qui est uniquement composé d’une viennoiserie et d’un jus de fruit", explique Marylin Falkowski de l’ONG Med’Equali team. "C'est souvent leur seul repas de la journée."

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Dans son communiqué, MSF rappelle que la plupart des migrants de l’île de Samos "vivent dans des abris de fortune sans accès régulier à des toilettes ou à des douches".

Malgré les efforts pour les transférer sur le continent, plus de 32 000 migrants se trouvent dans des camps sur des îles de la mer Égée près de la Turquie.

La Grèce compte quelque 70 000 demandeurs d’asile, principalement des Syriens et des Afghans. L'offensive turque dans le nord de la Syrie laisse craindre une nouvelle vague de départs vers l’Europe.

 

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