L'Ocean Viking a secouru 104 personnes en Mer Méditerranée vendredi 18 octobre. Crédit : SOS Méditerranée
L'Ocean Viking a secouru 104 personnes en Mer Méditerranée vendredi 18 octobre. Crédit : SOS Méditerranée

L'Ocean Viking, affrété par SOS Méditerranée en partenariat avec Médecins sans frontières (MSF), a secouru, vendredi, 104 migrants, à 50 milles nautiques des côtes libyennes. Le navire humanitaire a quitté dimanche soir la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone), attendant les instructions de l'Europe pour pouvoir débarquer les naufragés.

Deux jours après le débarquement à Tarente, dans le sud de l'Italie, de 176 migrants secourus en mer Méditerranée par l'équipage de l'Ocean Viking, le navire humanitaire a de nouveau porté secours à 104 personnes en détresse en mer Méditerranée, vendredi 18 octobre. 

Selon un communiqué de SOS Méditerranée, ces rescapés se trouvaient à bord d'une embarcation pneumatique à 50 milles nautiques des côtes libyennes. Parmi les migrants à bord du navire, 40 sont mineurs, dont certains sont non accompagnés, et deux femmes sont enceintes. L'ONG précise que leur embarcation avait été repérée par l'équipe de recherche et sauvetage à l'aide de jumelles

"Mieux vaut mourir en mer que de vivre en Libye"

Plusieurs des personnes sauvées ont témoigné auprès des humanitaires des violences et abus dont elles ont souffert en Libye. SOS Méditerranée rapporte ainsi dans son communiqué l'histoire d'un homme de 20 ans, originaire de Côte d'Ivoire, qui a vu les gardes de la prison clandestine de Bani Walid (à environ 145 km de Tripoli) verser de l'essence sur un ami avant de mettre feu à son corps. 

Une jeune ivoirienne de 15 ans raconte avoir déjà tenté de traverser la Méditerranée en août dernier avec sa mère et ses deux frères et sœurs. Après avoir passé quatre jours en mer et vu mourir certains des passagers, ils avaient été interceptés par les garde-côtes libyens et ramenés en Libye, où toute la famille a été placée dans un centre de détention. "Là-bas, ils font tout ce qu'ils veulent aux femmes", a confié la jeune femme à l'équipage. "Mieux vaut mourir en mer que de vivre en Libye", a encore déclaré un Ivoirien de 23 ans. 

L'Astral et l'Open Arms également en mer

Contacté par l'Ocean Viking, le centre conjoint de coordination des secours (JRCC) à Tripoli, en charge de la coordination des opérations de secours en Méditerranée, a désigné vendredi 18 octobre comme "lieu sûr" le port de Tripoli. L'équipage a cependant refusé de s'y rendre. "Selon le droit international, aucun port en Libye ne peut être considéré comme sûr", a insisté SOS Méditerranée dans son communiqué. 

Dimanche soir, le navire a quitté la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) et demandé aux centres de coordinations des secours maritimes (MRCC) italien et maltais l'attribution d'un lieu de débarquement. "Nous espérons qu'une solution pour un débarquement rapide des 104 survivants sera trouvée par les autorités maritimes avec le soutien des États membres de l'Union européenne, conformément à la loi", a souligné Louise Guillaumat, directrice adjointe des opérations de SOS Méditerranée. 

Dans la nuit du dimanche 6 au lundi 7 octobre, un navire de l'ONG Proactiva Open Arms, l'Open Arms, avait secouru 40 personnes. Elles avaient été transbordées sur un navire militaire maltais et accueillies sur l'île mardi 8 octobre.

L'Open Arms, retourné en mer, se trouve actuellement en Méditerranée centrale. Un autre navire de la même ONG, l'Astral, navigue de son côté en mer Égée.


 

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