Le président français Emmanuel Macron à Mayotte mardi 22 octobre. Crédit : capture d'écran / REUTERS
Le président français Emmanuel Macron à Mayotte mardi 22 octobre. Crédit : capture d'écran / REUTERS

Accompagné de six membres du gouvernement, Emmanuel Macron est en déplacement à Mayotte. Dans cet archipel français de l'Océan indien où près d'un habitant sur deux est étranger, les Mahorais attendent du chef de l'État des mesures fortes pour faire face aux importantes arrivées clandestines de migrants.

Après le débat au Parlement sur la politique migratoire de début octobre, Emmanuel Macron remet l'immigration au cœur de son agenda politique. Ce mardi 22 octobre, le président français a atterri à Mayotte, où il compte apporter "des réponses extrêmement concrètes" aux difficultés de l'archipel, en particulier concernant l'immigration clandestine. 

Dès son arrivée à l'aéroport de Dzaoudzi, en Petite terre, le chef de l'État a indiqué vouloir "évoquer les difficultés du quotidien" des habitants, notamment sur les questions de "sécurité" et "d'immigration". Emmanuel Macron entend ainsi faire de cette visite l'illustration du "deuxième pilier" de sa politique sur l'immigration : "la fermeté" - le premier étant "l'humanité", selon l'Elysée. 

Dans l'archipel, 48 % des 256 000 habitants sont des étrangers, dont 95 % de Comoriens, selon l'Insee. Situé à 70 km de l'île comorienne d'Anjouan, le 101e département français subit une forte pression migratoire des îles voisines, notamment des Comores, et depuis quelques mois, d'Afrique subsaharienne. 

25 000 reconduites à la frontière dès la fin 2019

L'année 2019 atteint un record, avec une hausse de 110 % d'entrées clandestines par rapport à l'an dernier sur la même période. Les arrivants sont toujours des Comoriens, mais aussi ressortissants africains - de plus en plus nombreux à rejoindre le petit département français. 

>> Lire sur InfoMigrants : À Mayotte, "les arrivées de migrants ont augmenté de 110% cette année"

À Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, le président de la République s'est adressé à une foule de Mahorais et a fait applaudir les "1 500 personnes : des soldats, des marins, des policiers, des gendarmes, des douaniers, l'ensemble des services de l'Etat", mobilisées dans le cadre de l'opération Shikandra, un plan civilo-militaire de lutte contre l'immigration clandestine qui vise à atteindre les 25 000 reconduites à la frontière dès la fin 2019. 
"Grâce à leur travail, nous sommes en train d'améliorer les résultats en matière de lutte contre l'immigration clandestine [...], la sécurité sera au rendez-vous", a poursuivi Emmanuel Macron, qui précise qu'à cela s'accompagne un travail avec les Comores pour "éviter les départs, pour lutter contre les risques qui sont parfois pris, et la misère qui vient jusqu'ici [Mayotte]". 

L'opération Shikandra a été lancée au mois d’août par la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, dans le but de renforcer les effectifs et les équipements en mer et sur terre. Le nombre de bateaux dédiés aux interceptions des “kwassa-kwassa”, embarcations de fortune transportant des migrants, a également augmenté, passant de cinq à huit. 

Dans la matinée ce mardi, Emmanuel Macron est ainsi monté à bord d'un intercepteur de Shikandra de la police aux frontières, dont le rôle est d'empêcher les kwassas-kwassas d'accoster sur le sol mahorais. Dans l'après-midi, il doit se rendre à Hamjago, dans la commune de M'tsamboro, au nord-ouest de Mayotte, là où débarquent massivement des Comoriens.

 

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