Une femme et son bébé au port d'Elefsina, près d'Athènes, mardi 22 octobre 2019. Crédit : REUTERS/Costas Baltas
Une femme et son bébé au port d'Elefsina, près d'Athènes, mardi 22 octobre 2019. Crédit : REUTERS/Costas Baltas

Les autorités grecques ont transféré lundi vers le continent près de 850 demandeurs d'asile qui se trouvaient sur les îles de Samos et Lesbos. En moins d'un mois, deux incendies ont eu lieu dans les camps surpeuplés de Vathy et de Moria.

Environ 850 demandeurs d'asile ont été autorisés, lundi 21 octobre, à quitter les camps de Lesbos et Samos et à entrer en Grèce continentale. Partis dans la soirée, 156 demandeurs d'asile en provenance de Mytilène, sur l'île de Lesbos, sont arrivés tôt dans la matinée de mardi au port du Pirée, à Athènes, selon la presse locale. Quelques heures plus tard, près de 700 migrants du camp de Vathy, à Samos, ont également débarqué à Elefsina, près d'Athènes. Toutes ces personnes doivent ensuite être accueillies dans des structures à l'intérieur du pays. 

Selon une journaliste du site français Médiapart présente à Samos lors de l'embarquement des 700 migrants à bord du navire "Paros Jet", le transfert s'est déroulé "dans le calme". 

La Grèce, principale porte d'entrée des migrants en Europe

Ces évacuations font partie d'un effort du gouvernement grec pour désengorger les camps de migrants situés sur les îles égéennes, où les conditions de vie déplorables sont source de nombreuses tensions. Dimanche 29 septembre, un incendie survenu au sein du camp de Moria, sur l'île de Lesbos, avait causé la mort d'une femme afghane. Un peu plus d'une semaine après, plus de 500 personnes avaient été déplacées vers le continent

Le lundi 14 octobre, un autre incendie a été signalé dans le camp de Vathy, à Samos, après une rixe entre Afghans et Syriens. Trois personnes originaires de Syrie ont été blessées. Des tentes et plusieurs conteneurs ont été détruits, laissant plus d'une centaine de personnes sans toit.

Avec plus de 70 000 demandeurs d'asile en Grèce, dont près de 33 000 sur les îles égéennes proches de la Turquie, la Grèce est redevenue cette année la principale porte d'entrée des migrants en Europe, devant l'Espagne. 

Renvoyer 10 000 migrants en Turquie d'ici fin 2020

Sur les îles de Samos et Lesbos, les camps de migrants surpeuplés sont au bord de l'implosion. Avant les évacuations de lundi, celui de Vathy, à Samos, comptait environ 5 700 migrants, pour une capacité de 650 places. Celui de Moria abritait 13 000 migrants pour 4 000 places. 

À Moria, les demandeurs d’asile et les ONG se désespèrent du manque criant d’infrastructures et de personnels. Le camp compte moins de 5 médecins et de 20 avocats. Les délais d’attente pour déposer un dossier d’asile, être transféré sur le continent ou simplement voir un médecin sont "excessivement" longs. 

>> Lire sur InfoMigrants : À Moria, l’attente sans espoir de milliers de migrants abandonnés à leur sort

Avec la multiplication des arrivées, le gouvernement grec a indiqué fin septembre que le pays vivait sa "pire période" migratoire depuis l'accord UE-Turquie de 2016 et a décidé de durcir le ton. Lors d’un conseil des ministres le 30 septembre, le gouvernement grec a annoncé sa volonté de renvoyer 10 000 migrants en Turquie d’ici fin 2020 – contre un peu plus de 1 800 en quatre ans et demi, sous le précédent gouvernement de gauche. 

>> Lire sur InfoMigrants : À Moria, la police, source de rumeurs et d’angoisse pour des milliers de migrants

 

Et aussi