le camp de Vucjak n'a ni eau courante, ni électricité. Depuis le 21 octobre, la mairie de Bihac a cessé d'approvisionner le camp en eau potable. Crédit : Jeanne Frank/ Item pour InfoMigrants
le camp de Vucjak n'a ni eau courante, ni électricité. Depuis le 21 octobre, la mairie de Bihac a cessé d'approvisionner le camp en eau potable. Crédit : Jeanne Frank/ Item pour InfoMigrants

Les autorités municipales de la ville de Bihac, dans le nord de la Bosnie, ont cessé lundi d’approvisionner en eau potable le camp de Vucjak pour contraindre le gouvernement national à reloger plus de 1000 migrants qui y vivent dans des conditions abjectes.

La vie est de plus en plus dure dans le camp de Vucjak, situé à une dizaine de kilomètres de la ville de Bihac, dans le nord de la Bosnie-Herzégovine. Depuis lundi 21 octobre, les quelque 1000 jeunes hommes qui y vivent ne reçoivent plus d’eau et n’ont droit qu’à un repas par jour - au lieu de deux auparavant.

Estimant que le gouvernement national ne prenait pas ses responsabilités dans l’accueil des migrants, le maire de la ville, Suhret Fazlic a annoncé le 15 octobre que la municipalité cesserait de fournir de l’aide au camp une semaine plus tard. 

Le camp de Vucjak, installé en plein forêt, n’a ni eau courante, ni électricité. Depuis son ouverture en juin 2019, les services municipaux de la ville de Bihac venaient plusieurs fois par jour remplir d’eau potable les cinq citernes en plastiques bleues installées près des sanitaires.

Environ 600 hommes seuls, majoritairement originaires du Pakistan et d'Afghanistan, vivent dans le camp de Vucjak, dans le nord de la Bosnie. Crédit : Jeanne Frank, Item."Il est évident qu’il va falloir pousser la situation jusqu’à la limite de l’absurdité pour que la situation soit enfin résolue", a assuré Suhret Fazlic à l’agence Associated Press (AP).

Depuis lundi, les occupants du camp sont donc privés d’eau potable. Interrogé par AP, le secrétaire général de la Croix rouge de Bihac, Selam Midzic, a affirmé que le fait de priver les migrants d’eau ne ferait qu’augmenter la tension entre les occupants du camp ainsi qu’avec les membres de la Croix rouge et la population locale.

Selon le site Balkan insight, la protection civile d’Una Sana - le canton bosnien dont Bihac est la principale ville - s’est engagée lundi à fournir un approvisionnement en eau temporaire au camp. Mais cela ne permettra pas de régler la question de l’hébergement. La situation pourrait encore s’aggraver au cours des prochains jours : la Croix rouge de Bihac a fait savoir qu’il ne lui restait de la nourriture que pour dix jours de distributions.

Transfert de centaines de personnes dans le camp

En début de semaine dernière, les autorités du canton d’Una Sana ont annoncé que tous les migrants se trouvant dans des hébergements non-officiels, des squats ou tout simplement dans l’espace public, seraient envoyés à Vucjak.

Le nombre de personnes vivant dans le camp a ainsi bondi en quelques jours, passant de 700 à plus de 1000. Depuis, les appels de la communauté internationale à fermer le camp se multiplient.

Les Nations unies avaient déjà jugé la situation de Vucjak "particulièrement alarmante" au regard de l’aide nettement insuffisante que recevait les migrants et, ce, bien avant que des centaines de personnes supplémentaires y soient transférés.

Depuis janvier 2018, 45 000 migrants ont été enregistrés en Bosnie. Environ 7 500 se trouvent actuellement dans le pays.


 

Et aussi