Le camion dans lequel ont été retrouvés 39 corps sans vie de ressortissants chinois, en Angleterre, le 23 octobre 2019. Crédit : Reuters
Le camion dans lequel ont été retrouvés 39 corps sans vie de ressortissants chinois, en Angleterre, le 23 octobre 2019. Crédit : Reuters

Les 39 victimes ont été retrouvées mercredi à l'arrière d'un camion frigorifique dans une zone industrielle à Grays dans l'Essex, à une trentaine de kilomètres de la capitale britannique. Une enquête d'envergure est en cours.

Les 39 morts retrouvés dans un camion frigorifique près de Londres mercredi 23 octobre étaient des citoyens chinois, ont rapporté jeudi 24 octobre les médias britanniques*.

Le drame a eu un précédent au Royaume-Uni : en juin 2000, il y a près de 20 ans, 58 clandestins chinois avaient été retrouvés morts asphyxiés dans un camion dans le port de Douvres (sud-est).

Une enquête d'envergure est en cours pour déterminer les circonstances du drame. Ces décès ont provoqué l'indignation dans le pays et de nombreux appels ont été lancés pour renforcer la lutte contre les filières d'immigration clandestine. Les passeurs emploient des méthodes de plus en plus risquées pour contourner les contrôles, ont indiqué les forces de l'ordre britanniques.

Deux perquisitions ont eu lieu en Irlande du Nord dans la nuit de mercredi à jeudi, tandis que le chauffeur du camion âgé de 25 ans, originaire de cette province, est toujours maintenu en garde à vue pour meurtre.

Mercredi, la police avait été alertée peu avant 2h du matin (00h40 GMT) par les services de secours signalant la présence d'un camion contenant 39 corps sans vie dans une zone industrielle à Grays, dans l'Essex, à une trentaine de kilomètres à l'est de Londres.

Un chauffeur de taxi local interrogé par la BBC a raconté avoir déjà vu des camions s'arrêter dans cette zone industrielle et débarquer des migrants. "Ils arrivent, ils ne parlent pas anglais, ils vous tendent un téléphone, vous avez quelqu'un à l'autre bout du fil qui vous demande de les amener à une adresse, généralement vers Londres", a-t-il dit.

Les forces de l'ordre, aidées par l'Agence nationale contre le crime, s'efforçaient jeudi de retracer l'itinéraire du poids lourd.

"On ne sait pas quand les victimes ont été placées dans le conteneur"

Selon la police, le conteneur est arrivé vers 00h30 mercredi (23h30 GMT mardi) à Purfleet en provenance de Zeebruges, en Belgique, tandis que le camion qui a remorqué le conteneur à son arrivée en Angleterre était parti d'Irlande du Nord.

Le parquet fédéral belge, qui a aussi ouvert une enquête, a confirmé que le conteneur était passé mardi par la Belgique. "Les résultats provisoires de l'enquête révèlent que le conteneur en question est arrivé à Zeebruges le (mardi) 22 octobre à 14h49 et a quitté le port le même jour dans le courant de l'après-midi pour arriver à Purfleet le 23 octobre à 01h00", a décrit jeudi le parquet dans un communiqué.

"Pour le moment, on ne sait pas encore quand les victimes ont été placées dans le conteneur et si cela s'est produit en Belgique", a-t-il précisé. L'enquête se concentrera "sur les organisateurs et toutes les autres personnes impliquées dans ce transport".

Le camion était immatriculé en Bulgarie, a confirmé le Premier ministre bulgare Boyko Borissov, au nom d'une compagnie basée en Irlande du Nord. Mais il "n'est plus entré sur le territoire de notre pays depuis (2017). Il n'y a pas de lien avec nous, seulement les plaques d'immatriculation", a-t-il déclaré à la télévision locale.

D'après l'Agence nationale contre le crime (NCA), le nombre de migrants introduits clandestinement au Royaume-Uni à bord de conteneurs et de camions a augmenté ces dernières années. Dans de récents rapports, la NCA relevait "l'utilisation croissante de méthodes de plus en plus risquées d'entrée clandestine", essentiellement depuis les ports de Calais (France) et Zeebruges ou par le tunnel sous la Manche.

En août 2015, 71 migrants, originaires de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan, en route pour l'ouest de l'Europe, étaient morts dans un camion frigorifique en Autriche.

*La police britannique avait, dans un premier temps, pensé que les victimes étaient de nationalité chinoise avant que des familles se manifestent au Vietnam, inquiètes pour leurs proches. La police de l’Essex a confirmé le 7 novembre qu’il s’agit en réalité de Vietnamiens.

 

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