Crédit : InfoMigrants
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Dans son rapport annuel publié mercredi 22 février, l’ONG Amnesty international s’est alarmée de l’accueil "difficile" des migrants et réfugiés en France et dénoncé "l'adoption de mesures et de lois qui bafouent de manière systématique et inquiétante les droits de l'Homme".

Pour la première fois depuis sa création en 1961, Amnesty international a choisi de présenter son rapport annuel depuis la France, et non depuis le Royaume-Uni. Un symbole fort qui en dit long sur ce que l’ONG pense du pays des droits de l’homme. Amnesty dresse un sombre bilan de l’Hexagone en matière de droits humains déplorant le maintien de l’État d’urgence (décidé après les attentats jihadistes du 13 novembre 2015 et prolongé depuis), le sort réservé aux Roms, les ventes d’armes… mais surtout en fustigeant l’accueil "difficile" des réfugiés sur le sol français.

Dans sa ligne de mire, la destruction de la "jungle" de Calais, en octobre 2016, décidé « sans en avoir informé » les occupants, et le sort des mineurs isolés. Amnesty international s’alarme de la situation de ces enfants qui ont été "laissés sans abri, sans nourriture, [sans] accès à des services médicaux lors du démantèlement [de la jungle calaisienne]". Plus généralement, l’ONG a critiqué le manque de structures d’accueil en France en faisant référence aux campements sauvages qui avaient essaimé dans le nord de la capitale française à l’hiver 2016. Près de 4 000 personnes sans-papiers dormaient à la rue.

L’ONG s’en est aussi prise aux violences policières et au non-respect du droit d’asile en France. Au mois d’août, le guichet réservé aux demandes d’asile en Guyane a fermé, rappelle l’ONG. Et en novembre, les autorités ont expulsé un homme originaire du Kordofan du Sud, "une région du Soudan en proie à la guerre, […] où il risque d’être persécuté", ajoute Amnesty.

L’ONG considère donc, à travers la voix de Camille Blanc, présidente d’Amnesty France, qu’en matière d’accueil des réfugiés, "la France n’a pas pris ses responsabilités au niveau international". Dans un autre communiqué d’Amnesty publié à la mi-février, l’ONG avait déjà regretté que les autorités françaises aient laissé signer l’accord entre l’Union européenne et la Turquie concernant les réfugiés, et déclarer que celui-ci ne devait "en aucun cas être reproduit [avec la Libye, le Niger ou le Soudan]".
 

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