Débarquement des rescapés du Alan Kurdi, le 3 novembre à Tarente en Italie. Crédit : Sea-Eye / Twitter
Débarquement des rescapés du Alan Kurdi, le 3 novembre à Tarente en Italie. Crédit : Sea-Eye / Twitter

Après huit jours passés en mer à attendre que les pays européens se mettent d’accord, le Alan Kurdi a débarqué ses 88 rescapés dimanche. Ces derniers seront, pour la plupart, transférés vers des pays tiers, la France et l’Allemagne en tête, pour y faire leur demande d’asile.

Après plus d’une une semaine bloqués en mer, les 88 migrants secourus par le navire Alan Kurdi de l’ONG Sea-Eye ont débarqué dimanche 3 novembre au port de Tarente dans le sud de l’Italie. Le ministère de l’Intérieur italien avait annoncé, vendredi soir, un accord de répartition des rescapés entre plusieurs pays européens : "l'Allemagne et la France accueilleront 60 migrants, le Portugal 5 et l'Irlande 2", avait indiqué le ministère. Les autres resteront en Italie.

Le navire, qui se trouvait au large de la Sicile, a donc dû naviguer 36 heures pour se rendre jusqu’à la région des Pouilles où se trouve le port de Tarente. “Nous sommes extrêmement soulagés de pouvoir enfin emmener ces 88 personnes épuisées et traumatisées dans un port sûr”, a exprimé Sea-Eye dans un tweet.

Le Alan Kurdi était entré dans les eaux territoriales italiennes depuis vendredi matin indiquant qu'il risquait de manquer de nourriture et que la situation "devenait tendue à bord", selon son capitaine Barbel Beuse. Ce dernier avait également souligné qu'il était en outre impératif de "se mettre à l'abri du vent et des vagues".

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Quelques heures plus tard, l’Asso Trenta, un navire de ravitaillement italien, a accosté à Pozzalo en Sicile pour y déposer 151 migrants secourus la veille dans les eaux libyennes. Les autorités n’ont pas encore précisé si les rescapés resteraient en Italie ou s'ils seraient répartis entre d'autres pays de l'Union européenne.

Vendredi, une solution avait aussi été trouvée avec Malte pour les 15 demandeurs d'asile sauvés sur un canot à la dérive par le navire espagnol Open Arms. L'ONG a annoncé sur Twitter avoir, "avec de nombreuses heures de retard, en pleine tempête et après avoir attendu longtemps des instructions des autorités maltaises, pu transférer ces personnes sur une embarcation vers La Valette".

Vendredi matin, les autorités locales ont annoncé avoir trouvé les corps en décomposition de deux hommes, apparemment d'origine nord-africaine, sur un petit canot devant les côtes d'Arbatax, sur la côte est de la Sardaigne. Selon les secours, l'embarcation était sans moteur ni rames.

Mercredi, une centaine de migrants secourus le 18 octobre par l'Ocean Viking, navire affrété par l'ONG SOS Méditerranée et opéré en partenariat avec Médecins sans frontières, avaient débarqué à Pozzalo en Sicile. Sur les 104 personnes concernées, 70 ont été prises en charge par l'Allemagne et la France, les autres par l'Italie, la solution ayant été trouvée sur la base d'un "pré-accord de répartition" automatique conclu à Malte en septembre. Une dizaine de pays européens participent à ce mécanisme, qui reste provisoire et appliqué sur une base volontaire.

 

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