Photo, transmise à InfoMigrants, de l'intérieur du hangar du GDF où vivent environ 400 migrants depuis quelques jours. Crédit : DR
Photo, transmise à InfoMigrants, de l'intérieur du hangar du GDF où vivent environ 400 migrants depuis quelques jours. Crédit : DR

À Tripoli, les 400 migrants libérés la semaine dernière du centre de détention d’Abu Salim, ont été installés dans un hangar. Ils avaient forcé l'entrée de l’enceinte du GDF, le centre de l’ONU, mardi dernier. L’établissement est surpeuplé et la nourriture manque. Plusieurs cas de tuberculose ont aussi été détectés.

Près d’une semaine après l’arrivée de 400 migrants sans-abri devant le GDF, le centre du Haut-Commissariat des réfugiés de l'ONU (HCR) à Tripoli en Libye, la situation est toujours aussi tendue. Bien qu’ils aient réussi à pénétrer vendredi dans l’enceinte du centre onusien, les migrants ont dû passer, en fin de semaine dernière, une nouvelle nuit dehors, sans nourriture ni couverture. Par solidarité, les autres pensionnaires du centre ont distribué leurs propres couvertures et partagé leur nourriture.

>> À (re)lire : Après deux nuits à la rue, les migrants d'Abu Salim entrent dans le centre du HCR à Tripoli

Depuis, un hangar a été ouvert pour abriter ces nouveaux arrivants, libérés mardi dernier du centre de détention d’Abu Salim. Le GDF accueille désormais environ 1 200 personnes, soit “plus du double de sa capacité”, a indiqué le HCR, le 1er novembre. L’agence affirme avoir commencé à distribuer des couvertures et des manteaux de pluie. Plusieurs soucis logistiques retardent, par ailleurs, la distribution des repas.

“Au cours du week-end, les nouveaux arrivants ont été placés dans un grand hangar divisé en plusieurs dortoirs. Chaque pièce compte plus de 20 migrants, certains dorment sur des matelas par terre”, raconte un témoin Somalien, contacté par InfoMigrants. Selon lui, des trousses d'hygiène, des sous-vêtements et 12 biscuits ont été distribués à chacun par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

“La cuisine a rouvert, mais les repas ne sont pas servis aux migrants d’Abu Salim qui doivent se contenter de leurs 12 biscuits. C’est une situation très difficile à gérer pour nous tous”, explique un autre témoin, originaire du Soudan, joint par InfoMigrants.

Plus de 30 cas de tuberculose

L’OIM affirme avoir reçu une centaine de patients parmi les nouveaux arrivants en consultation médicale dimanche. Plus d’une trentaine d’entre eux souffrent de tuberculose et se sont vus distribuer des médicaments.

Selon le témoin soudanais, le hangar où ont été placés les nouveaux migrants est surveillé par la police, car le centre aurait été déserté par ses employés. “Les gens du HCR ne viennent plus au centre et l’un d’entre eux nous a même dit que le HCR quittera le GDF si les migrants d’Abu Salim restent ici”, explique-t-il à InfoMigrants.

Contacté à plusieurs reprises depuis le début de la crise du GDF, le HCR n’a pas souhaité répondre à nos questions. Dans un communiqué diffusé le 30 octobre, l’institution a évoqué la "surpopulation" du GDF afin de justifier sa réticence à laisser entrer les 400 migrants d'Abu Salim entre ses murs. "Bien que nous comprenions parfaitement la situation très difficile dans laquelle se trouvent ces personnes, il se trouve que le GDF est déjà confronté à des conditions de surpopulation avec plus de 820 personnes qui y sont hébergées [sans compter le groupe d’Abu salim], soit bien au-delà de sa capacité initiale d’accueil de 600 personnes".

En outre, le GDF a pour vocation d'héberger uniquement les réfugiés vulnérables sélectionnés par le HCR pour être transférés vers un lieu sûr, en Europe, notamment, via les programmes de réinstallation. Ou de les diriger vers d’autres structures d’urgence dans des pays tiers (au Niger ou au Tchad). Il peut également proposer des retours volontaires aux migrants qui souhaitent rentrer chez eux.

 

Et aussi