Vue sur la Méditerranée depuis la ville de Paphos dans le sud de Chypre. Crédit : Reuters
Vue sur la Méditerranée depuis la ville de Paphos dans le sud de Chypre. Crédit : Reuters

Les autorités chypriotes ont porté secours à une embarcation au large de leurs côtes avec plus de 130 migrants à son bord dont cinq femmes et huit enfants. Ne parvenant plus à faire face aux arrivées de migrants, la petite île a demandé aux autres pays européens d’accueillir 5 000 de ses demandeurs d’asile.

C’est une route déjà fréquemment empruntée par les passeurs : une embarcation partie de Turquie lundi 4 novembre a été repérée par la police chypriote et remorquée jusqu’au port de la ville de Latchi, située dans l’ouest de la petite île européenne de Chypre.

À son bord : 131 migrants dont 129 Syriens, 1 Libanais et 1 Égyptien. Le groupe a été repéré par une patrouille à environ cinq miles nautiques du littoral. La traversée aurait coûté 2 000 dollars par personne, selon les témoignages livrés à la police et rapportés par l'agence de presse officielle CNA.

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Les migrants, parmi lesquels figurent cinq femmes et huit enfants, ont été transférés vers un centre d'accueil temporaire près de Nicosie, la capitale. “Il s’agit d’un campement d’urgence où les demandeurs d’asile ne peuvent rester que 72 heures maximum”, explique Katja Saha, la représentante du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR), jointe par InfoMigrants. “Après l’arrivée des 131 nouveaux migrants, les autorités ont ajouté de nouvelles tentes sur le camp qui compte désormais 375 personnes à flux tendu”, précise-t-elle.

Coopération avec le gouvernement libanais

Le capitaine, quant à lui, a abandonné l’embarcation en montant à bord d’un hors-bord, une fois arrivé à proximité des côtes chypriotes. Peu après, deux Syriens âgés de 43 et 53 ans ont été interpellés, a indiqué la police. Les deux hommes font face à plusieurs accusations, notamment pour avoir encouragé l'entrée illégale de migrants à Chypre et pour trafic d'êtres humains par voie maritime.

Quelques jours auparavant, le 31 octobre, ce sont 28 autres migrants qui ont été secourus dans des circonstances similaires, cette fois-ci au large du cap Greco dans la partie sud de l’île. La marine chypriote a tracté les rescapés, 14 Syriens et 14 Libanais, jusqu’à la côte pour les débarquer. L’embarcation était partie de Tripoli au Liban, selon la police.

Le ministre de la Défense libanais, Elias Bou Saab, a annoncé lors d’une visite à Chypre en octobre que son pays et le gouvernement chypriote avaient passé un accord pour diminuer le nombre de départs de migrants. Il s’agit principalement d’un meilleur échange d’informations entre les autorités des deux pays. Le ministre affirme en outre que la marine libanaise avait déjà empêché des bateaux de migrants d’atteindre les côtes chypriotes “à de nombreuses reprises”.

Près de 18 000 migrants en attente à Chypre

Chypre se trouve à seulement 100 kilomètres du Liban et à 80 kilomètres de la Turquie, deux pays de transit pour les personnes fuyant la guerre en Syrie. Les ressortissants syriens représentent depuis 2016 plus de 26% de l'afflux migratoire global à Chypre. Mais de plus en plus de migrants africains viennent également y demander l’asile après avoir été dupés par des passeurs qui font croire à l’Italie.

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Ce petit pays de moins d’un million d’habitant affirme enregistrer le plus fort taux d'arrivées de migrants, au sein de l’Union européenne (EU), par rapport à sa population.

Ainsi, cet été, le gouvernement chypriote a demandé aux autres États membres de l'UE d'accueillir 5 000 des migrants arrivés sur l'île, afin d'atténuer les "pressions disproportionnées et les sérieux défis auxquels" le pays est confronté. Le nombre d'arrivées à Chypre et de demandes d'asile entre janvier et septembre 2019 avoisine les 9 700, tandis que le nombre de demandes en attente d'examen atteint près de 17 800 dossiers, selon les données officielles communiquées par le HCR.

 

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