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Des "quotas" ou "objectifs chiffrés" d'immigrés "professionnels" vont être fixés chaque année, dès l'été 2020, pour que la "France recrute" des étrangers en fonction de ses besoins, a confirmé mardi la ministre du Travail Muriel Pénicaud. D’autres mesures seront annoncées mercredi par le gouvernement.

L’instauration de quotas d’immigrés économiques a été annoncée mardi 5 novembre par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, sur BFM-TV. Des "quotas", "objectifs chiffrés" d'immigrés "professionnels" vont être fixés chaque année, dès l'été 2020, en fonction des besoins de la France, a-t-elle précisé. "C'est la France qui recrute par rapport à ses besoins. C'est une approche nouvelle, un peu celle du Canada et de l'Australie."

La liste des métiers en tension ouverts aux étrangers non ressortissants d’un État membre de l’Union européenne devra donc être réactualisée. La dernière date de 2008 : on y trouve des métiers tels que dessinateur du BTP, pilote d’installation de production cimentière ou encore dessinateur de la construction mécanique. Cette liste sera "fixée l’été prochain", a assuré Muriel Pénicaud. "On fixera les besoins par métiers et par territoires", a-t-elle encore expliqué. "Ce sont les partenaires sociaux et les régions qui diront, par exemple, en Alsace, on manque de charpentiers." 

La réforme devrait entrer en vigueur en 2021.

Pour rappel, ils étaient 32 000 immigrés à obtenir un titre de séjour pour raisons économiques en 2018 sur près de 255 000 titres de séjour octroyés.

Suivant l'annonce de Muriel Pénicaud, le Premier ministre Edouard Philippe doit présenter, mercredi 6 novembre, toutes les mesures officielles sur l’immigration. Il devrait annoncer en particulier la réduction des délais d’instruction des dossiers pour les demandeurs d’asile (délai déjà réduit avec la loi Asile de 2018), l'instauration d'un délai de carence de trois mois avant que les demandeurs d'asile ne puissent accéder à la Protection universelle maladie (PUMa, la sécurité sociale de base, ancienne CMU), et la nécessité d'un accord préalable de la Sécurité sociale pour certains actes non-urgents dans le cadre de l'Aide médicale d'État (AME).

"Politiquement cynique, scandaleux sur le plan humanitaire"    

À gauche, la classe politique crie au scandale. Valérie Rabault, présidente du groupe PS à l'Assemblée nationale, alerte sur la "stigmatisation" de ceux qui bénéficieront, ou pas, des quotas et l'"instrumentalisation" de la question migratoire par le gouvernement.

Le gouvernement "ne recule devant rien pour stigmatiser une partie de la population", fustige pour sa part le député de La France Insoumise, Ugo Bernalicis.

"Politiquement cynique, scandaleux sur le plan humanitaire, inconséquent sur le plan sanitaire. Carton plein", a tweeté Olivier Faure, premier secrétaire du PS, à propos des mesures sur l'AME et la PUMa.

 Pour la députée européenne LFI Manon Aubry, c'est "irresponsable d'un point de vue de santé publique", et "honteux au regard de la protection des droits humains".

 

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