Une scène de l'opéra "Idoménée, Roi de Crète" dans lequel 30 migrants font de la figuration à Rome. Crédit : Yasuko Kageyama / Teatro dell'Opera di Roma
Une scène de l'opéra "Idoménée, Roi de Crète" dans lequel 30 migrants font de la figuration à Rome. Crédit : Yasuko Kageyama / Teatro dell'Opera di Roma

Une trentaine de migrants rescapés de divers naufrages en mer Méditerranée incarnent leur propre rôle dans l'opéra de Mozart "Idoménée, Roi de Crète" présenté à Rome du 8 au 16 novembre.

Bien que composé en 1712 par Mozart, "Idoménée, Roi de Crète" a une résonance très actuelle. Cet opéra, présenté à Rome en novembre, raconte les luttes homériques pour le contrôle de l'île de Crète mais surtout comment sortir d'un cycle de destructions et de guerres pour parvenir à la paix. En somme, "une métaphore du monde actuel", a résumé récemment devant la presse le metteur en scène canadien Robert Carsen. Pour retranscrire cette intemporalité, ce dernier a eu l’idée de faire appel à de véritables migrants rescapés des naufrages survenus en Méditerranée ces dernières années.

Ainsi, la première scène du spectacle s'ouvre sur un camp entouré d'un grillage sous un ciel de plomb, où des réfugiés et migrants regardent vers la mer. La Méditerranée, au cœur de la mythologie grecque, avec ses tragédies et ses héros, est aussi l'une des protagonistes de cet opéra.

Comme lui, 30 migrants se sont prêtés au jeu de la figuration pour cet opéra. Au total, 150 personnes, acteurs et chœur compris, constituent le casting. "Hier comme aujourd'hui, la Méditerranée divise les peuples mais les unit aussi", a souligné Robert Carsen qui trouve "très belle l'idée d'impliquer de vrais migrants".

Réputé pour ses idées novatrice et sa vision moderne, Robert Carsen a également eu l’idée d’utiliser des vidéos ou encore d’empiler des dizaines de gilets de sauvetage afin de refléter la douleur, l'angoisse et les souffrances des migrants.

"Idoménée, Roi de Crète" est présenté à l’opéra de Rome du 8 au 16 novembre. Le spectacle a été coproduit avec les théâtres de Madrid - où il a été présenté en premier en mars - Toronto et Copenhague, mais c'est à Rome que de vrais réfugiés montent sur scène.

 

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