Samira ne finalement pas expulsé vers l'Italie. Crédit : DR
Samira ne finalement pas expulsé vers l'Italie. Crédit : DR

Suite à une forte mobilisation citoyenne, la demande de séjour de Samira, une fillette ivoirienne de 10 ans menacée d'excision dans son pays, et de son père va être réexaminée, a annoncé ce samedi 9 novembre le ministre français de l'Intérieur.

Samira et son père devaient être expulsés mardi ; ils viennent ce samedi d'obtenir un sursis. Leur droit au séjour « va être réexaminé, compte tenu de leur situation familiale particulière », a annoncé le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner. « La question n'est pas résolue, a réagi auprès de l'AFP l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, à la tête de la vaste mobilisation pour empêcher leur expulsion. On ne sait pas s'ils vont leur donner un titre de séjour ou non. »

La fillette, scolarisée en France, a fui la Côte d'Ivoire avec ses parents « pour échapper à l'excision », indique l'élu du parti de gauche Place publique dans une pétition qui a recueilli plus de 150 000 signatures. « Elle est une rescapée des opérations de sauvetage en Méditerranée. Au cours de la traversée, elle a perdu sa maman », y écrit encore Raphaël Glucksmann. Arrivés en janvier dernier en France en passant par l'Italie, ils devaient être expulsés vers Venise, conformément au règlement de Dublin qui confie l'étude de la demande d'asile au pays d'entrée en Europe.

« Compte tenu du titre de séjour obtenu par le père en Italie, il n'est pas fait droit en l'état, après un examen de sa situation, à sa demande de se maintenir avec sa fille sur le territoire français », a expliqué à l'AFP la préfecture de police. « Les autorités italiennes ayant accepté leur retour, ils font l'objet d'un départ organisé et non d'une mesure d'expulsion avec un vol prévu mardi 12 novembre », a-t-elle précisé.

En plus de la pétition, près de 200 personnalités ont signé samedi une lettre ouverte adressée au président Emmanuel Macron. Figurent parmi les signataires du texte la maire de Paris Anne Hidalgo, l'ancienne garde des Sceaux socialiste Christiane Taubira, l'acteur Dany Boon ou le joueur du PSG Marco Verratti.

Pour Diaryatou Bah, présidente de l’association Excision Parlons-en, en refusant d’accueillir Samira, la France aurait envoyé le mauvais signal. « Il faut faire tout ce qu'il faut pour protéger les filles qui sont sur le sol français et empêcher qu'elles repartent dans leurs pays ou, si elles y retournent, que ce soit dans des conditions beaucoup plus sûres que cette petite fille », a-t-elle déclaré à RFI.

Même si son dossier n'est pas définitivement réglé, Samira peut donc rester en France pour le moment. Elle pourra aussi continuer d’aller à l’école, elle qui rêve de devenir institutrice ou bien médecin.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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