Image d’un contrôle de police à la frontière française. Crédit : Reuters
Image d’un contrôle de police à la frontière française. Crédit : Reuters

Un Italien, interpellé mercredi sur une aire d'autoroute près de La Turbie dans les Alpes-Maritimes avec 37 migrants pakistanais à bord de son véhicule, a été condamné à six ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Nice, a indiqué le parquet jeudi.

“Je n’y suis pour rien !” Malgré ses protestations, un ressortissant italien a écopé, jeudi 14 novembre, de six de prison ferme en France pour "aide au séjour d'étrangers en situation irrégulière, aggravée par les conditions indignes et dégradantes" du transport. Il a été interpellé la veille de sa comparution immédiate près de La Turbie dans les Alpes-Maritimes, sur une aire de l’autoroute A8 reliant l’Italie à la France, avec 37 migrants pakistanais à bord de son véhicule.

Âgée de 38 ans, le passeur a expliqué aux enquêteurs de la police aux frontières (PAF) qu'il avait loué ce fourgon pour un déménagement. Il affirme avoir été contraint sous la menace d’un des migrants illégaux de transporter le groupe de Pakistanais dans son camion. Selon le journal Nice-Matin, deux d’entre eux, l’un amputé d'un bras et l'autre épileptique, étaient assis aux côtés du conducteur. Tous les autres migrants, dont six mineurs, étaient entassés à l’arrière du véhicule comme du bétail, sans fenêtre ou aération ni à manger ou à boire.

Interrogés également par la PAF, les 37 migrants ont tous la même version des faits : ils affirment avoir remis de l'argent à un intermédiaire pour traverser la frontière puis avoir été pris en charge par le chauffeur italien, relate le parquet de Nice. Chacun d’entre eux a dû payer 400 euros, selon l'analyse du téléphone du passeur.

Les migrants tous reconduits à la frontière italienne

Les passagers clandestins qui avaient l'intention de se rendre en Espagne, en Allemagne et en France sont passés par un réseau structuré milanais. Tous, à l'exception des six mineurs pris en charge par le département des Alpes-Maritimes au titre des mineurs étrangers isolés, ont été reconduits à la frontière italienne en vertu de la procédure de non-admission. Instaurée en novembre 2015, celle-ci permet de considérer qu’un étranger en situation irrégulière contrôlé à l’un des “points de passage obligés” - une sorte de frontière virtuelle - du département n’est pas entré en France et peut donc être remis directement aux autorités du pays dont il provient, en l’occurrence l’Italie.

Le chauffeur italien qui affirme partager sa vie entre l'Italie et l'Espagne où travaille son épouse a fait l’objet à l'issue de l'audience d’un mandat de dépôt, ce qui signifie qu’il a été directement transféré en prison.

Une autre interpellation similaire a eu lieu le 1er novembre à ce même “point de passage obligé” au niveau du péage de La Turbie : cette fois-ci, un passeur présumé Pakistanais avait été interpellé avec 31 compatriotes à bord de son véhicule.

 

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