Après une escale technique à Marseille, l'Ocean Viking avait repris la mer le 9 novembre 2019. Crédit : SOS Méditerranée
Après une escale technique à Marseille, l'Ocean Viking avait repris la mer le 9 novembre 2019. Crédit : SOS Méditerranée

Le navire humanitaire Ocean Viking a secouru, mardi, 94 migrants, dont 4 femmes enceintes et 6 jeunes enfants, au large de la Libye. Il va, pour le moment, continuer de patrouiller dans la zone de détresse à la recherche d'autres embarcations de fortune.

Dix jours après son retour en mer, l’Ocean Viking a secouru, mardi 19 novembre, 94 personnes qui se trouvaient “à bord d’un canot pneumatique en détresse” au large de la Libye. “Parmi les survivants figurent 11 femmes dont 4 sont enceintes ainsi que 6 très jeunes enfants”, a indiqué l’ONG SOS Méditerranée qui affrète le navire en coopération avec Médecins sans frontières (MSF).

L’état de santé des rescapés n’a pas encore été précisé par l’équipage mais “le froid et le vent en Méditerranée augmentent les risques d’hypothermie pour les personnes tentant la traversée en cette période de l’année”, peut-on lire sur le fil tweet de l’ONG. “La nuit tombe plus tôt, les températures dégringolent, le vent et la pluie s’intensifient et la mer se mue parfois en un monstre imprévisible, prêt à tout engloutir avec ses vagues atteignant plusieurs mètres de haut. Pour les petites embarcations perdues en mer et leurs occupants, ces conditions peuvent vite devenir fatales”, souligne encore l’ONG dans un article publié sur son site web.

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Les embarcations sur lesquelles les migrants fuient la Libye peuvent chavirer dès que les vagues atteignent 1,5 mètres de haut, signale Till, un des marins-sauveteurs de l’Ocean Viking. Or les vagues sont proches des quatre mètres actuellement par mauvais temps. “Si vous tombez à l’eau [...] vos chances de survie chutent rapidement avec la température. Si par exemple l’eau est à 15°C, vous serez inconscient en moins de deux heures. Alors pour des personnes paniquées et qui ne savent pas nager, il suffit de 2 à 5 minutes avant qu’elles ne coulent”, explique le sauveteur.

Et même pour une embarcation qui réussirait à rester à flot, “l'humidité, la pluie, le vent, les nuages et l'absence de rayons du soleil font baisser rapidement la température de la peau, surtout si vous portez des vêtements mouillés. À bord de ce type de bateau, le risque d’hypothermie est donc sérieux”, ajoute-t-il.

L’équipage du navire, qui peut prendre en charge jusqu’à 300 personnes, a indiqué à InfoMigrants qu'il allait "continuer de patrouiller dans la zone de détresse, à la recherche d'autres embarcations". La demande de débarquement des rescapés à Malte ou sur l'île italienne de Lampedusa n'est donc pas encore d'actualité.

Outre l'Ocean Viking, deux autres navires humanitaires sont actuellement présents en Méditerranée : l'Open Arms et l'Aita Mari qui, immobilisé par la justice espagnole, a décidé de défier les autorités en retournant en mer.

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