Vue du centre de Moria sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 19 septembre 2018. Crédit : Reuters
Vue du centre de Moria sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 19 septembre 2018. Crédit : Reuters

Le gouvernement grec a annoncé la fermeture des camps officiels des îles de Lesbos, Samos et Chios. Ils seront remplacés par des centres fermés pouvant accueillir 15 000 migrants au maximum. Les demandeurs d'asile ne seront plus autorisés à quitter l'île grecque, où ils sont assignés.

La Grèce a annoncé la fermeture prochaine des trois camps officiels de migrants sur les îles de Lesbos, Samos et Chios, sans donner de date précise.

Le gouvernement grec a fait savoir qu’il remplacera ces trois camps par des structures fermées. Les nouveaux centres de rétention disposeront de 5 000 places chacun, a déclaré le coordinateur spécial du gouvernement pour les migrations, Alkiviadis Stefanis, mercredi 20 novembre lors d'une conférence de presse. Ils seront logés dans des conteneurs, avec accès à des réfectoires, des écoles et des lieux de culte. Athènes propose ainsi d’ouvrir 15 000 places au total dans ces nouveaux camps.

Au lieu d'être autorisés d'aller et venir librement sur les îles, dans ces nouvelles structures les demandeurs d'asile seront enfermés le temps de les identifier, d'étudier leur statut et de décider de leur relocalisation ou de leur retour en Turquie, a ajouté le coordinateur gouvernemental.

Les deux camps de Kos et Leros, dont les conditions sont moins dramatiques, seront eux rénovés et élargis.

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Relocaliser les migrants vers le continent

Actuellement plus de 37 000 migrants s'entassent dans des conditions insalubres dans les cinq "hot-spots" de Lesbos, Samos, Chios, Leros et Kos alors que la capacité théorique de l’ensemble de ces camps est de 6 200 places, d’après le gouvernement grec.

Les camps de Lesbos, Samos et Chios, particulièrement affectés par l'arrivée constante de nouveaux migrants ne cessent de s'étendre sur les collines avoisinantes. Les conditions dramatiques de la population de ces camps sont régulièrement dénoncées par le Conseil de l'Europe.

Le gouvernement grec qui confirme sa volonté de "décongestionner les îles ", a déjà commencé à transférer des centaines de demandeurs d'asile des îles égéennes vers le continent, avec l'objectif d'en relocaliser 20 000 d'ici la fin 2019. Quelque 15 000 seront accueillis dans les nouveaux camps de Lesbos, Samos et Chios et 5 000 dans des hôtels, a précisé Alkiviadis Stefanis.                

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1 200 garde-côtes et garde-frontières supplémentaires

Autre mesure annoncée par le coordinateur spécial du gouvernement pour les migrations, quelque 800 nouveaux garde-côtes seront embauchés sur les îles égéennes et 400 autres à la frontière terrestre avec la Turquie, afin de rendre les frontières grecques "hermétiques".

La Grèce a refait face cette année à un nombre important d’arrivée de migrants, faisant du pays la principale porte d'entrée des demandeurs d'asile en Europe, alors qu’elle avait connu une accalmie depuis 2015.

Le ministère de la Protection du citoyen a annoncé que 40 000 personnes étaient arrivées ces quatre derniers mois. Plus de 1 350 personnes sont arrivées sur les cinq îles de la mer Egée le week-end dernier, selon les garde-côtes grecs.

 

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